Le gouvernement présente ses excuses aux aborigènes

L’Australie a présenté mercredi des excuses officielles aux aborigènes pour les injustices subies pendant deux siècles, illustrant la volonté de réconciliation du gouvernement travailliste avec la communauté la plus défavorisée de l’île-continent.
Dans un discours historique prononcé devant le Parlement et retransmis en direct par les chaînes nationales, le Premier ministre Kevin Rudd a demandé pardon aux premiers habitants du pays, honorant ainsi l’une de ses principales promesses de campagne. «Nous présentons nos excuses pour les lois et les politiques des Parlements et gouvernements successifs qui ont infligé une peine, une douleur et une perte profondes à nos compatriotes australiens», a déclaré M. Rudd.
«Pour la douleur et les souffrances subies par ces "générations volées", leurs descendants et leurs familles, nous demandons pardon», a ajouté le Premier ministre. «Aux mères et pères, aux frères et soeurs, pour avoir séparé des familles et des communautés, nous demandons pardon». «Et pour l’atteinte à la dignité et l’humiliation infligées à un peuple fier de lui-même et de sa culture, nous demandons pardon», a poursuivi M. Rudd.
Un millier d’aborigènes venus de toute l’Australie s’étaient réunis près du Parlement pour assister à ce geste de réconciliation inédit. D’autres s’étaient massés dans les galeries réservées au public dans l’enceinte du Parlement. Cette repentance nationale, qui signe un véritable tournant, est allée beaucoup plus loin que le discours nuancé qui était généralement attendu. Le discours de M. Rudd a soulevé des applaudissements nourris parmi la foule devant le Parlement. L’utilisation répétée du mot «pardon» revêt une signification symbolique particulièrement importante pour les aborigènes. Car, en 1997, l’ex-Premier ministre conservateur John Howard, (1996-2007) leur avait présenté des excuses à titre strictement personnel mais leur avait dénié tout pardon national. «Les injustices du passé ne doivent jamais, jamais se reproduire», a encore déclaré M. Rudd, en soulignant que ses excuses faisaient partie du processus de «guérison de la nation». «Pour l’avenir, nous nous engageons, nous décidons que cette nouvelle page de l’histoire de notre grand continent peut maintenant être écrite», a-t-il poursuivi. «Nous faisons aujourd’hui ce premier pas en reconnaissant le passé et en allant vers un avenir qui englobera tous les Australiens», a-t-il ajouté. La communauté aborigène compte 470.000 personnes, soit 2% de la population australienne totale. Marginalisés et défavorisés, les «Abos» ont actuellement une espérance de vie inférieure de 17 ans à celle des autres habitants.

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