Le Groupe Zarqaoui revendique les attentats d’Amman et annonce d’autres

Accusant la Jordanie d’être devenu un "mur de protection pour les Juifs" et une "base militaire arrière des armées des Croisés" et du gouvernement irakien, la branche irakienne d’Al-Qaëda, que dirige Zarqaoui, a aussi averti dans un communiqué qu’il y aurait d’autres attaques contre le royaume hachémite. "L’Organisation d’Al-Qaëda au Pays des Deux Rivières (le Tigre et l’Euphrate)", nom officiel du groupe, a revendiqué les attentats contre trois hôtels mercredi soir à Amman dans ce communiqué qui lui est attribué mis en ligne sur un site islamiste. Son authenticité ne pouvait être établie dans l’immédiat, mais on notait qu’il avait été mis en ligne sur un site (al-saf.net) habituellement utilisé par les groupes islamistes et qu’il était signé du porte-parole du groupe, Abou Maissara al-Iraqi. Peu avant sa publication, le groupe de Zarqaoui avait été désigné par le vice-Premier ministre jordanien Marwan Moacher comme le "suspect numéro un" de ces attentats, dont le bilan provisoire officiel était de 56 morts et 93 blessés. Les attentats, qui visaient les hôtels Radisson SAS, Hyatt et Days Inn, constituent les attaques terroristes les plus graves ayant jamais frappé le royaume jordanien. "Nos braves lions ont lancé (…) un nouveau raid (…) à Amman", affirme le communiqué du groupe terroriste. "Après avoir étudié et repéré les objectifs, les sites des hôtels ont été choisis". Les hôtels "avaient été transformés par le dictateur jordanien en un jardin pour les ennemis de (notre) religion, les Juifs et les Croisés", ajoute encore le communiqué dans une référence au souverain jordanien. Ils étaient devenus "des lieux de plaisirs dégoûtants pour les traîtres et les apostats de l’Oumma (la nation musulmane) et un refuge pour les services de renseignement des infidèles (NDLR: les services américains de renseignement) qui organisent leur complot contre les musulmans à partir de là", affirme-t-il. Proche alliée des Etats-Unis, la Jordanie avait apporté dès septembre 2001 son appui total aux Etats-Unis dans leur lutte anti-terroriste, ce qui lui a valu de subir, depuis, des attaques. En octobre 2002, un diplomate américain, Lawrence Foley, avait ainsi été tué par balles à Amman. Jugé par contumace pour avoir planifié cet assassinat, Zarqaoui avait été condamné à mort en avril 2004. Sept autres personnes avaient été condamnées à la peine capitale pour cet attentat. En outre, la Jordanie est l’un des deux seuls pays arabes du Proche-Orient, avec l’Egypte, à avoir signé, en octobre 1994, sous le règne du feu roi Hussein (père du roi Abdallah II), un traité de paix avec Israël.
"En dépit des mesures de sécurité que le traître (NDLR: le souverain hachémite), le fils du traître (NDLR: référence à Hussein) avait pris pour protéger ces endroits (…) les soldats d’Al-Qaëda sont parvenus à atteindre leurs objectifs et à accomplir leur mission", poursuit le communiqué.
Il avertit "le dictateur d’Amman" que son pays est désormais "dans la ligne de feu des moujahidine et de leurs attaques".
La branche d’Al-Qaëda en Irak est responsable de nombreux attentats sanglants et assassinats d’otages dans ce pays, où Zarqaoui est devenu l’ennemi numéro un des Etats-Unis. Washington a offert une récompense de 25 millions de dollars pour sa capture ou sa mort.
Le communiqué affirme également que "des détails de l’attaque et de ceux qui l’ont effectuée seront rendus publics plus tard".

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