Le Hamas de plus en plus isolé

Le gouvernement « d’union nationale » s’est révélé un projet sans lendemains. Après de longues négociations avec les différents mouvements politiques palestiniens, « Hamas » n’a pas réussi à faire « l’unanimité » autour d’elle.
A voir la liste proposée par le Premier ministre Ismaïl Haniyeh, au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, le principal des maroquins a été partagé entre des membres du « Hamas » et des technocrates. Trois des principaux chefs du mouvement islamiste radical se sont vu attribuer des portefeuilles « très sensibles » : Mahmoud Zahar, ministre des Affaires étrangères, Saïd Siam, ministre de l’Intérieur, et Omar Abdel Razek ministre des Finances.
En s’octroyant ces trois postes névralgiques, le mouvement de Khaled Mechaâl a gardé la main haute sur les caisses de l’Etat, la sécurité intérieure et la politique étrangère.
Or voilà, le contrôle de ces trois départements pose plus d’un problème. Sur le plan de la politique étrangère, le gouvernement « Hamas » ne peut lorgner sur les 500 millions d’euros d’aides octroyés chaque an par l’Union européenne (UE), ni compter sur le soutien des Etats-Unis, deux principaux bailleurs de fonds de l’Autorité palestinienne. Pour l’Occident en général, qui veut « couper le robinet», pas question de soutenir, politiquement, et encore moins financièrement, un mouvement qui refuserait de se mettre à table avec l’Etat israélien pour négocier une sortie politique à l’un des plus vieux conflits du monde. Les déclarations du chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaâl, depuis la victoire de son mouvement aux législatives palestiniennes de janvier, viennent mettre de « huile sur le feu ». Pas plus tard que lundi dernier, le dirigeant islamiste, lors d’une visite à Bahreïn, a rejeté des appels, arabes entre autres, à amorcer des négociations avec Israël. « Se trompe celui qui croit que les négociations et l’acceptation des conditions posées nous conduiront à nos droits », a-t-il déclaré, en allusion au Plan de paix proposé en 2002 par la Ligue arabe, lequel prévoit la normalisation avec Israël.
Cette attitude risque de compliquer davantage les efforts déployés, à l’échelle arabe, pour amener l’Etat d’Israël à lâcher du lest. En témoignent les déclarations des dirigeants israéliens qui ont écarté pour leur part tout contact avec le gouvernement Hamas.
« Israël veut la création d’un Etat palestinien, mais n’acceptera pas qu’il s’agisse d’un Etat terroriste le menaçant », a affirmé Tzipi Livni, la ministre israélienne des Affaires étrangères. Face à ce double verrouillage, du côté Hamas aussi bien que de la part du gouvernement israélien, les chances de paix risquent d’être, sérieusement, compromises.
Le prochain sommet arabe, prévu les 28 et 29 mars courant à Khartoum, sur lequel Hamas fonde beaucoup d’espoirs, n’a pratiquement pas de « solution-miracle » à apporter pour déverrouiller les portes de la négociation israélo-palestinienne.
Pour l’Occident, aussi bien que pour le Monde arabe, c’est réellement la quadrature du cercle. En attendant une issue très hypothétique, le peuple palestinien risquera de payer les pots cassés. 

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