Le Hamas resserre les rangs

Le Hamas resserre les rangs

Une certaine confusion avait plané, samedi dernier, quand un haut responsable politique du Hamas, Ismaïl Haniyé, avait évoqué un arrêt des tirs des roquettes si l’agression israélienne cessait. Le mouvement de lutte palestinien, conscient qu’un arrêt de ces tirs serait perçu comme une capitulation face à l’armée israélienne, semble bien déterminé à poursuivre les attaques, tout en laissant entendre par la voix de responsables de sa branche politique qu’il pourrait les arrêter. « Il est clair que les deux parties (politique et militaire) sont favorables aux tirs de roquettes » artisanales Qassam, relève l’analyste Ghazi Hamad, qui est proche du mouvement de libération. « Il n’y a aucune divergence entre leurs positions ». Ses propos étaient intervenus peu après que des membres de l’aile militaire eurent catégoriquement exclu une telle hypothèse lors d’une conférence de presse rare dans le camp de réfugiés de Jabaliya, principale cible de l’offensive de l’armée israélienne lancée le 28 septembre dans le nord de la Bande de Gaza. Les propos de M. Haniyé avaient été perçus comme un signe de la disposition du Hamas à mettre fin aux tirs des Qassam en cas de retrait israélien du secteur. Mais M. Haniyé, comme il l’a souligné lui-même à l’AFP, n’a fait que répéter la traditionnelle position du Hamas en exigeant, comme condition pour l’arrêt des attaques, « la fin de l’agression israélienne », c’est-à-dire toutes les activités militaires dans la Bande de Gaza et pas seulement l’offensive en cours. « Nous sommes cohérents. Ce que j’ai dit samedi était une répétition de la position que nous avons toujours eue, à savoir que les roquettes Qassam ont pour objectif de repousser l’occupant et de protéger le peuple palestinien », a insisté M. Haniyé. « Si l’agression israélienne cesse, non seulement dans le nord de la Bande de Gaza mais dans tout ce territoire et si les assassinats commis par Israël s’arrêtent, le Hamas et les autres groupes examineront sérieusement l’arrêt des attaques, y compris les tirs de roquettes », a-t-il ajouté. Convenant de l’existence d’une « entente » sur la politique générale du Hamas entre ses ailes politique et militaire, l’analyste Abdallah Hourani estime que les deux branches « peuvent avoir des divergences ».
« Les politiques considèrent chaque question sous différents angles alors que les militaires ne pensent qu’à infliger des pertes à l’ennemi », dit-il. Selon lui, en évoquant l’hypothèse d’un arrêt des tirs de roquettes, l’aile politique tient compte des pressions auxquelles est soumis le Hamas « en raison des pertes subies par le peuple palestinien » et d’un contexte international défavorable, la Syrie et l’Iran, accusés de soutenir le mouvement, étant surveillés de près par les Etats-Unis. Des responsables palestiniens, dont le Premier ministre, Ahmad Qoreï, ont en effet implicitement appelé à cesser ces tirs afin « d’ôter tout prétexte » à Israël pour poursuivre ses opérations dans la Bande de Gaza. Le Hamas ne perd pas de vue non plus le retrait israélien de la Bande de Gaza envisagé pour 2005 par le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, souligne M. Hourani. « Une des conditions pour une intégration du Hamas dans le paysage politique de l’Autorité palestinienne est la cessation des attaques à partir de la Bande de Gaza contre Israël », explique-t-il. Soixante-dix-sept Palestiniens, dont un grand nombre de combattants du Hamas, ont été tués dans l’offensive en cours, destinée officiellement à mettre fin aux tirs de roquettes fabriquées par le mouvement palestinien, sur des localités du sud d’Israël.

• Bensalem Fennassi avec (AFP)

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