Le Hezbollah renforce son implantation dans les territoires palestiniens

Durant la Seconde Guerre du Liban ( 12 juillet-14 août 2006), la «rue palestinienne» avait fait de Cheikh Hassan Nasrallah, le dirigeant spirituel du Hezbollah libanais, un «nouveau Saladin». Sa popularité était alors à son zénith même si son mouvement ne disposait guère de relais en Cisjordanie et à Gaza.  Il n’y a pratiquement pas de Chiites au sein de la population palestinienne et les courants fondamentalistes qui traversent celle-ci se sont montré souvent très hostiles au chiisme, bon nombre de prédicateurs n’hésitant pas à dénoncer l’hérésie que celui-ci constituait à leurs yeux. Les milieux du renseignement israélien s’inquiètent du changement d’attitude à ce sujet au sein d’une frange de l’Islam palestinien. Plusieurs affaires montrent en effet que le Hezbollah a pris pied non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie et qu’il est devenu un bailleur de fonds et un donneur d’ordres pour certaines factions radicales palestiniennes. Les journaux israéliens ont ainsi accordé une large place à l’affaire du «Grill Express» de Ramat Gan, un restaurant très fréquenté d’une banlieue résidentielle de Tel Aviv.
Les services secrets israéliens, le Shin Beth ont procédé à l’interpellation de deux employés palestiniens de ce restaurant Aham Rial et Anis Salum. Originaires de Naplouse, ils travaillaient au «Grill Express». Ils séjournaient dans l’illégalité à Tel Aviv, ayant fourni à leur employeur de faux permis de travail. Les deux hommes avaient projeté d’empoisonner les clients de l’établissement en versant dans la nourriture une substance toxique inodore et incolore, totalement indétectable par les consommateurs. Cette substance devait agir au bout de 4 heures et aurait provoqué la mort par empoisonnement des clients de ce restaurant très fréquenté par le public amateur de grillades. Les deux hommes auraient reconnu avoir agi en liaison avec la branche locale des Brigades des Martyrs d’Al Aqsa, la branche armée du Fatah, qui aurait sous-traité l’affaire pour le compte du Hezbollah libanais. La branche de Naplouse des Brigades des Martyrs d’Al Aqsa est connue pour son opposition à la stratégie choisie par Mahmoud Abbas et l’Autorité palestinienne. Ses dirigeants ont refusé à plusieurs reprises d’accepter les offres d’amnistie qui leur étaient faites s’ils renonçaient à la violence et au terrorisme.
La presse a aussi publié, il y a plusieurs semaines, des informations sur l’implication du Hezbollah dans un vaste trafic de drogue acheminée du Liban vers Israël. Ce trafic permettrait à la milice chiite d’exiger de ses «partenaires israéliens» des informations sécuritaires, voire des uniformes et des armes.
Les milieux sécuritaires israéliens remarquent également que l’attentat commis il y a un mois contre une institution religieuse ultra-orthodoxe de Jérusalem et qui a fait 8 morts, a été perpétré par un habitant de Jérusalem Est connu pour ses sympathies envers le Hezbollah dont le drapeau flottait sur la tente de deuil érigée par sa famille. Le Hezbollah a également renforcé sa collaboration avec le Hamas. Le Rapport du Centre de Réflexion et d’information sur les activités terroristes, un centre de réflexion dépendant de l’Université de Tel Aviv, estime à environ 20 000 le nombre d’hommes dont disposerait actuellement le Hamas. Le mouvement de Khaled Mechaal et Ismaïl Haniyeh a envoyé plusieurs centaines d’hommes suivre un entraînement poussé aussi bien au Liban qu’en Iran. Il a soigneusement étudié l’organisation militaire du Hezbollah libanais et les experts notent que le Hamas a voulu calquer ses infrastructures sur celles du mouvement chiite libanais.

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