«Le Japon soutient le gouvernement de Mahmoud Abbas Abou Mazen»

«Le Japon soutient le gouvernement de Mahmoud Abbas Abou Mazen»

ALM : Comment avez-vous mis en place ce projet ?
Tetsushi Kondo : Ce parc industriel a été prévu en collaboration avec quatre pays : le Japon, Israël, la Palestine et la Jordanie. À travers cette initiative, nous espérons redonner confiance aux différentes parties. Nous l’avons démarré en juillet 2006 en ouvrant un dialogue entre les parties concernées et en démarrant des études de marché dans la vallée du Jourdain. Cela ne nous a donné qu’un temps très court pour nous rendre compte et, en mars dernier, nous avons eu une première rencontre ministérielle à Tokyo.
Le Roi Abdallah de Jordanie s’est déplacé pour l’occasion. Les protagonistes ont discuté d’un engagement politique, qui prévaut dans ce type d’initiative. D’avril à mi-août, nous avons débuté des études techniques. Mi octobre, nous discuterons de ces bases techniques et comment concevoir cette initiative.
Notre dernière rencontre date du 15 août, à Jéricho où nous avons présenté officiellement notre projet de parc industriel dans la ville. Ce projet a réellement pour but de donner une chance à la prospérité économique dans la région, mais nous aurons besoin de plusieurs années pour le mettre sur pied.

Il est prévu de construire un aéroport commercial en Jordanie pour le transport des marchandises. Qu’en est-il ?
L’aéroport est encore en discussion. Les Jordaniens sont tout à fait pour la construction de cet aéroport, mais nous devons faire de plus amples études pour savoir si un aéroport doit être construit ou non. Dans la première partie de notre initiative, nous pouvons faire marcher notre projet sans construire l’aéroport, en utilisant les marchandises de la région de Jéricho. Quoiqu’il en soit, les questions de transports doivent être réglées avant de construire cet aéroport, et c’est un problème majeur dans l’établissement de notre projet.

Les protagonistes se battent politiquement pour la souveraineté de ce projet. Qu’en pensez vous ?
Ce type de projet ne peut pas être considéré comme un substitut de négociations politiques entre Israël et la Palestine. Il y a effectivement des problèmes que nous rencontrons et qui font partie du conflit, comme la question de l’eau ou de l’accès à cette région pour le reste des citoyens palestiniens. Cependant, notre initiative n’a pas pour but d’apporter une solution à ces problèmes généraux qui opposent les Palestiniens et les Israéliens. Nous allons devoir nous organiser avec les difficultés de la région, mais nous voulons vraiment donner une chance aux Palestiniens d’en tirer un bénéfice économique. C’est notre objectif principal. Nous avons eu de nombreuses discussions autour du contrôle de la terre et de l’endroit où nous allons installer ce parc industriel. Cela ne peut pas être évité. Mais il est clair que le gouvernement japonais a mis en place cette initiative dans le but d’aider les Palestiniens en général et les habitants de Jéricho en particulier.

Combien votre gouvernement veut-il investir ?
Nous attendons les résultats des diverses études que nous avons lancé pour donner un chiffre définitif. C’est encore très précoce. Nous n’avons pas encore d’idée claire sur le type production que nous allons pouvoir lancer dans ce parc industriel. Nous attendons de voir avec le gouvernorat de Jéricho. Nous devons encore attendre afin de savoir le budget dont nous avons besoin pour mettre en place les infrastructures. Quoi qu’il en soit, cette initiative est lancée dans le but de donner une chance aux investisseurs. Le gouvernement japonais contribue à l’établissement des infrastructures, mais cela ne veut pas dire que le Japon sera le seul investisseur dans ce projet. Nous avons besoin d’autres participations, notamment palestiniennes ou israéliennes.

Votre gouvernement a donné 20 millions de dollars au gouvernement de Mahmoud Abbas. Le message est fort…
Ce don a été clairement accordé pour montrer au monde notre soutien au président Abbas qui a récemment établi un nouveau gouvernement avec Salam Fayyad comme Premier ministre. Nous apprécions les efforts faits par lui pour établir la paix dans la région. Nous exprimons notre support à la population palestinienne et nous le montrons en aidant directement l’Autorité palestinienne. Depuis 1993, notre pays soutient le gouvernement palestinien. Le Japon a participé au processus d’Oslo et, depuis le début de ces accords, notre gouvernement s’est senti concerné notamment par l’enjeu général de la situation du Moyen-Orient, dont le conflit israélo-palestinien fait partie.
La stabilité énergétique du monde repose sur le Moyen-Orient et notre pays en est conscient. La paix dans cette région permet d’assurer notre propre sécurité. Or, le problème palestinien est l’un des soucis majeurs de la région. Le gouvernement japonais soutient donc depuis longtemps le gouvernement palestinien et l’idée d’un Etat palestinien viable.

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