Le journaliste lanceur de chaussures présenté mercredi devant la justice

Le journaliste lanceur de chaussures présenté mercredi devant la justice

Mountazer Al-Zaïdi, le journaliste irakien qui a lancé ses chaussures sur le président américain George W. Bush, a été présenté mercredi matin à un juge d’instruction, a affirmé à l’AFP l’un de ses frères, Durgham. «Je suis allé avec mes deux frères Maïtham et Oudaï dans la “zone verte” où a eu lieu l’audience» sans voir le journaliste, a déclaré Durgham al-Zaïdi, un de ses frères joint par téléphone. «C’est le juge qui a été le voir, puis il est revenu en nous disant que notre frère avait bien coopéré», a ajouté Durgham Al-Zaïdi. Il a déclaré qu’il ignorait où son frère se trouvait ainsi que son état.
La «zone verte» est le secteur ultra-protégé de Bagdad où sont regroupés les administrations irakiennes, la représentation de l’ONU et les ambassades américaine et britannique.
En vertu des articles 223, 225 et 227 du code pénal irakien, le journaliste risque jusqu’à sept ans de prison pour «offense à un chef d’Etat étranger».
Auparavant, un collègue de Mountazer Al-Zaïdi avait indiqué à l’AFP que l’audience était prévue à 10h00 (07h00 GMT).
«Mountazer Al-Zaïdi a appelé hier un de ses frères, Maïtham, pour lui dire qu’il serait présenté mercredi devant le juge d’instruction et qu’il demandait à la chaîne d’envoyer les trois avocats irakiens chargés de le défendre», avait déclaré le journaliste irakien.
Dimanche soir, M. Zaïdi, journaliste de la chaîne irakienne Al-Bagdadiya, avait insulté et lancé ses chaussures sur George W. Bush, sans toutefois l’atteindre, en pleine conférence de presse. Selon son frère, il mijotait ce geste de longue date pour protester contre l’invasion américaine de l’Irak. Le journaliste, dans un premier temps immobilisé par ses confrères, avait ensuite été emmené manu militari par les services irakiens de sécurité.
Toujours selon son frère, il a été hospitalisé à l’hôpital Ibn Sina, contrôlé par les Américains, avec un bras et des côtes cassées.
«Il a été hospitalisé à l’hôpital Ibn Sina car il a un bras et des côtes cassées et souffre de blessures à l’oeil et à la jambe», avait dit Durgham. Il avait accusé auparavant les services irakiens de sécurité d’avoir frappé le journaliste, âgé de 29 ans. Lundi soir, le général Qassem Atta, porte-parole des opérations de sécurité à Bagdad, avait annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire et le transfert de Mountazer devant la justice. L’incident est rapidement devenu le principal sujet de conversation en Irak et a provoqué des réactions, le plus souvent de soutien, dans le monde arabe.
Les radicaux irakiens lui ont également apporté leur appui: le mouvement du leader chiite Moqtada Sadr en fait son héros alors que le comité des ouléma sunnites musulmans voit en lui «l’icône de la résistance contre l’occupation».
Mais de nombreux Irakiens interrogés ont estimé qu’il n’était pas «convenable», même s’ils détestent aussi George W. Bush, d’offenser un «invité», car cela est contraire à la culture d’hospitalité arabe.

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