Le Liban toujours sous le feu israélien

Le Liban toujours sous le feu israélien

«Au lieu d’isoler le Hezbollah, l’action militaire israélienne risque au contraire de renforcer le sentiment de solidarité dans tout le monde arabe… » Cette déclaration de M. Massimo d’Alena, ministre italien des Affaires étrangères, de retour d’une visite en Israël, donne le ton : le conflit entre Israël et le Hezbollah au Liban peut être «contagieux » et comporte le «risque d’une internationalisation».
Le mécanisme de solidarité qui s’est mis en marche en faveur du Hezbollah vient en effet affaiblir la position israélienne selon laquelle le conflit ne cessera que lorsqu’une force militaire multinationale sera déployée dans le Sud Liban.
«Il est évident que la communauté internationale ne partage pas cette idée», a souligné M. D’Alena, appelant «la classe dirigeante israélienne à une réflexion de fond sur la manière de garantir sa propre sécurité».
Le ministère français des Affaires étrangères a estimé pour sa part qu’une réunion de pays contributeurs potentiels à une future force internationale au Liban, reprogrammée à l’ONU pour jeudi, était « prématurée » tant que les conditions pour le déploiement de cette force n’étaient « pas réunies ».
Cela dans la mesure, a déclaré le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Jean-Marie Guéhenno, où «une force internationale ne peut jamais imposer la paix de l’extérieur et doit venir en appui d’un processus politique».
Israël peut donc poursuivre méthodiquement sa politique de bombardements au Liban, faisant au moins 835 tués et plus de 3.210 blessés, selon un bilan fourni mercredi par la Commission des secours du gouvernement libanais. Durant cette période, 24 militaires, dont quatre officiers, ont été tués et une centaine d’autres blessés, selon un porte-parole de l’armée. Deux gendarmes ont été tués et 15 blessés, selon la direction des Forces de sécurité intérieures. Le Hezbollah a pour sa part annoncé la mort de 44 de ses combattants. Son allié chiite «Amal» celle de six de ses militants.
La commission a par ailleurs dénombré 898.760 déplacés, dont 220.000 ont quitté le territoire libanais, depuis le début de l’offensive israélienne déclenchée le 12 juillet.
Quant aux destructions provoquées au Liban par trois semaines de bombardements, elles ont atteint 2,5 milliards de dollars, et il faudra pas moins de trois ans pour réhabiliter les infrastructures et reconstruire les habitations, selon une nouvelle estimation officielle.
Selon une première estimation préparée par le (CDR, étatique) à la demande du gouvernement, les destructions provoquées par l’armée israélienne depuis le 12 juillet étaient évaluées à 2,07 Mds USD, la semaine dernière.
Fadl al-Chalak, président du Conseil de Développement et de reconstruction (CDR), a affirmé à l’AFP que «Le montant des destructions augmentera encore car il s’agit de la campagne la plus violente et la plus destructrice en trente ans d’agressions israéliennes contre le Liban : les Israéliens mènent une politique de terre brûlée au sud et frappent systématiquement la région de Baalbeck-Hermel».
Les démolitions des habitations et des commerces représentent 1,5 des 2,5 Mds USD, «Ce qui préfigure d’ores et déjà une crise sociale majeure dont l’élément explosif est les 900.000 déplacés des zones sinistrées », a ajouté M. Chalak.
Dans le domaine industriel, les dommages se montent à 190 M USD, 10 M USD pour les stations d’essence alors que 16 M USD concernent les installations militaires.
Même si M. Chalak est confiant dans l’aide qu’apporteront les bailleurs de fonds étrangers, notamment arabes, pour financer la reconstruction, il prône une «accélération » du début des travaux, dès l’instauration du cessez-le-feu.

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