Le «lion du Sénat» américain tire sa révérence

Le «lion du Sénat» américain tire sa révérence

Figure de la vie politique américaine et de l’une de ses familles les plus prestigieuses, le sénateur Edward Kennedy est mort mardi soir à l’âge de 77 ans, a annoncé mercredi sa famille. «Edward M. Kennedy, l’époux, le père, le grand-père, le frère et l’oncle que nous aimions si profondément, est mort mardi soir à son domicile de Hyannis Port», a dit la famille dans un communiqué. Sénateur démocrate à l’exceptionnelle longévité, il représentait le Massachusetts sous la bannière démocrate depuis 1962, Ted Kennedy souffrait depuis plus d’un an d’un cancer du cerveau, diagnostiqué en mai 2008. Trois mois après avoir appris sa maladie, il avait ému tous les participants de la convention démocrate en rendant un vibrant hommage à Barack Obama, dont il avait favorisé l’investiture en lui apportant son soutien dès janvier. Depuis, les apparitions du «Lion du Sénat» s’étaient faites plus rares. Ted Kennedy se déplaçait avec une canne et avait été hospitalisé en janvier dernier après avoir été victime d’un malaise en plein déjeuner avec le nouveau président. Frère de l’ancien président John Kennedy et de l’ex-sénateur Robert Kennedy, assassinés respectivement en 1963 et 1968, il était la figure patriarcale d’une des dynasties les plus prestigieuses de l’histoire politique américaine. «Nous avons perdu le pilier irremplaçable de notre famille et une lumière joyeuse dans nos vies, mais l’inspiration de sa foi, de son optimisme et de sa persévérance vivrons à jamais dans nos cœurs», poursuit le communiqué de la famille. Sa mort sonne peut-être comme le crépuscule du clan Kennedy, au sein duquel aucun héritier n’apparaît en mesure de reprendre le flambeau et de connaître le même destin que ses aînés. Elle porte aussi un rude coup au camp démocrate au moment où le président Barack Obama tente de faire adopter une profonde réforme du système de santé, sujet dont Ted Kennedy s’était fait le héraut. En près de cinquante années passées au Capitole, Edward «Ted» Kennedy était devenu l’un de ses membres les plus influents, respectés et écoutés.
La famille et le Sénat «avons ensemble perdu notre patriarche», a réagi le leader de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid.Pourtant, lorsqu’il s’assoit pour la première fois en 1962 dans le siège occupé précédemment par son frère John, il est perçu comme un poids léger qui doit son ascension à son nom. Mais en un demi-siècle, il s’impose comme un des sénateurs américains les plus efficaces, capable de travailler avec ses homologues des deux camps et ce, malgré ses positions libérales, progressistes, selon la terminologie française – qui le placent plutôt à l’aile gauche du Parti démocrate. Malgré cette capacité à nouer des alliances insoupçonnés, il était aussi un des hommes les plus critiqués par les démocrates les plus au centre de l’échiquier politique et par les républicains.Très actif sur les questions sociales, il a ainsi contribué à l’adoption de très nombreuses mesures pour les droits civiques et du travail, pour améliorer l’éducation, l’aide aux étudiants ou le système de santé.

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