Le «niet» d’Abou Mazen

Le «niet» d’Abou Mazen

Jusqu’à présent, Ariel Sharon ait toujours évoqué son plan de retrait comme une mesure unilatérale d’Israël. Mahmoud Abbas, candidat du Fatah et favori de l’élection présidentielle palestinienne du 9 janvier, a tout bonnement repoussé cette proposition.
« Les conditions évoquées par Sharon ne sont pas nouvelles. Elles préjugent des négociations sur le statut final (des territoires) et sont inacceptables ». C’est en ces termes, lors d’une interview accordée à Reuters, que le président de l’OLP, Mahmoud Abbas, a rejeté la proposition du Premier ministre israélien.
Ariel Sharon avait, en effet, formulé le voeu de vouloir coordonner, avec une nouvelle direction palestinienne, la mise en oeuvre de son plan de retrait de la bande de Gaza. Proposition repoussée sans hésitation de la part de la direction palestinienne; cette proposition a été qualifiée par son auteur comme « une occasion unique de faire la paix. » « Israël sera prêt à coordonner plusieurs aspects relatifs à notre plan de désengagement avec le futur gouvernement palestinien, un gouvernement qui soit prêt et en mesure de prendre la responsabilité des secteurs que nous quitterons», a en substance déclaré Sharon, selon des informations relayées par l’agence AFP.
Ces déclarations ont été faites en marge de la conférence annuelle de Herzliya, où Sharon avait présenté, en 2003, son projet de démantèlement des colonies juives de Gaza. « L’an 2005 offre une chance historique de percée avec les Palestiniens, que nous attendons depuis des années », a-t-il affirmé. Mais Abou Mazen a immédiatement rejeté cette proposition, estimant qu’Israël cherchait ainsi à éviter des négociations sur le statut final des territoires palestiniens. Le Premier ministre palestinien a également été intraitable sur la question du retour des réfugiés palestiniens, condition sine qua non pour toute tentative de règlement du conflit et qui bute depuis toujours sur le refus israélien.
Dans ce contexte, la direction palestinienne a de tout temps promis aux réfugiés palestiniens que leur « droit au retour » sur leur terre ne serait jamais abandonné.
Récemment, au terme d’une visite au Liban, Mahmoud Abbas et Ahmed Qoreï ont réitéré leur détermination en ce sens.
« Nous n’abandonnerons jamais le droit à votre retour dans la patrie », avait lancé le Premier ministre palestinien à la foule rassemblée dans un camp de réfugiés.
« Tous les principes de Yasser Arafat, dont le droit au retour, question fondamentale pour les 2,8 millions de réfugiés et leurs descendants vivant dans les camps de Jordanie, du Liban et de Syrie, sont comme un testament qui doit être respecté par chaque Palestinien », avait alors lancé Abou Mazen.
Par ailleurs, outre Mahmoud Abbas, la proposition israélienne aura, au moins, suscité l’irritation des responsables palestiniens. Nabil Abou Roudeina, porte-parole de l’Autorité palestinienne, interrogé par l’AFP, en réaction au discours de Sharon, avait souligné que les Palestiniens ne veulent rien savoir et que, à l’unanimité, ils sont pour l’application du plan de paix élaboré par le quartette (UE, Russie, État-Unis et ONU).
Le porte-parole de l’Autorité palestinienne a, en effet, rappelé que les Palestiniens réclamaient toujours l’application de la Feuille de route et le retrait israélien des territoires occupés, pour créer un État palestinien, plaidant pour un retour de Tel-Aviv à la table de négociations.
« Nous réclamons toujours l’application de la Feuille de route et le retrait israélien des territoires occupés pour pouvoir créer notre Etat », a-t-il déclaré à l’agence française. Même son de cloche de la part de Saëb Erikat. « Sharon évoque des diktats, pas des négociations. Il ne trouvera personne au sein de la direction palestinienne ou parmi le peuple palestinien pour accepter les termes qu’il fixe.
L’obstacle à la paix n’était pas Yasser Arafat, mais ce sont les conditions et les termes posés par Sharon », a indiqué, sur un ton ferme, le ministre palestinien qui, visiblement, n’a pas gardé la langue dans sa poche en commentant les propos ridicules d’Ariel Sharon.

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