Le «Non» du Hamas

Le «Non» du Hamas

Condition sine qua non à l’intégration à l’Autorité palestinienne, comme formulée par Nabil Chaât, ministre palestinien des Affaires étrangères, le cessez-le-feu de la part du mouvement Hamas n’aura pas lieu. Saïd Siam, un responsable du Hamas, n’a pas mâché ses mots en déclinant la proposition de Nabil Chaât, estimant que le Hamas n’a jamais formulé ce voeu et que, de surcroît, rejoindre les structures actuelles de l’Autorité palestinienne ne figure aucunement dans les convoitises du mouvement de feu Cheikh Yassine, lâchement assassiné par Israël. En conséquence, le responsable en question a affirmé que le Hamas n’avait pas l’intention de déposer les armes.
«Nous n’avons pas demandé à intégrer l’Autorité palestinienne existante, mais nous participons au dialogue en cours sur un retrait israélien», a expliqué M. Siam, qualifiant la condition posée par M. Chaât de « déplacée », dans une déclaration reprise par l’AFP.
Cependant, l’intégration du Hamas à l’Autorité palestinienne n’est pas vraiment un projet qui tient à coeur aux États-Unis. En effet, Washington avait, en début de semaine, mis en garde l’Autorité palestinienne contre une intégration du Hamas, qu’elle souhaite voir évincé, sinon complètement dissout. La Maison-Blanche qualifie le Hamas « d’organisation terroriste » et lui impute l’entière responsabilité de la majorité des attaques visant Israël.
Par ailleurs, la proposition du ministre des Affaires étrangères fait suite à un éventuel retrait israélien de la bande de Gaza, comme prévu par Ariel Sharon, qui avait, toutefois, insisté sur le maintien d’une force militaire aux frontières avec l’Egypte.
Le souhait de Nabil Chaât – qui effectuera une visite à Washington les jours à venir – relatif à l’observation d’une trêve de la part du Hamas, est également animé par les intentions des Etats-Unis et de la Banque mondiale de mettre à la disposition de l’Autorité palestinienne une importante aide économique, destinée au développement de la bande de Gaza, en cas de retrait des colonies juives. Mais Saïd Siam ne voit aucun intérêt à ce que le Hamas s’inscrive dans cette démarche, tant que les colons seront présents dans la Bande de Gaza. « Tant qu’il y a occupation, la résistance va continuer. Si les forces occupantes quittent la Bande de Gaza, nous pourrons participer à l’administration de ce territoire », a-t-il indiqué à l’AFP, soulignant que « l’occupant israélien tue chaque jour des civils, des enfants et des femmes. Quand il cessera de le faire, le Hamas agira en conséquence».
L’intégration du Hamas à l’Autorité palestinienne avait antérieurement été formulée par Yasser Arafat. Une optique qui a toujours buté sur un rejet de la part du mouvement en question, refusant d’être relégué à un rôle de second plan, voire, tout bonnement, exclu.

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