Le pape ouvre l’Europe à la Turquie

Le pape ouvre l’Europe à la Turquie

La religion reprendra ses droits pour cette deuxième journée du voyage du Pape en Turquie avec dans la soirée à Istanbul ses premiers entretiens avec le patriarche de Constantinople Bartholomée 1er, représentant spirituel des orthodoxes. Cette première messe, à laquelle ont été invités 500 fidèles, dont des étrangers, aura lieu en plein air sous un beau soleil près de la petite maison de pierres où aurait vécu et serait morte la mère du Christ. La messe doit commencer à 10h00 GMT.
Plusieurs dizaines de pèlerins qui agitaient des petits drapeaux aux couleurs jaune et blanc du Vatican et rouge et blanc de la Turquie attendaient l’arrivée du Pape, dont le convoi entre l’aéroport d’Izmir et Ephèse a été entouré d’un important dispositif de sécurité, avec notamment le survol d’un hélicoptère.
«J’ai de la chance. Il y a tant de gens qui veulent voir le Pape et ne le peuvent pas», estime Albano Servisoglu, un membre de la petite communauté d’origine italienne d’Izmir, qui vient de passer plusieurs portiques électroniques avant d’accéder au site.
«Il est temps de faire la paix entre Chrétiens et Musulmans», estime pour sa part le père Charles Korten à la tête d’un groupe de catholiques allemands venu de la station balnéaire d’Antalya.
Dans un pays à 99% musulman, la minorité catholique de Turquie ne compte que 28.000 personnes. Benoît XVI sera le troisième Pape à visiter la Maison de Marie après Paul VI et Jean Paul II, respectivement en 1967 et en 1979. Ce lieu de pèlerinage reçoit chaque année des dizaines de milliers de fidèles, chrétiens mais aussi musulmans.
Après la messe, le Pape prendra l’avion pour Istanbul pour ses premiers entretiens avec Bartholomée Ier, primat d’honneur de l’orthodoxie. L’Eglise orthodoxe espère que la visite du pape encouragera un plus grand respect par Ankara des droits des minorités chrétiennes. La Turquie refuse de reconnaître au patriarche de Constantinople son caractère oecuménique, c’est-à-dire son rôle universel de "premiers entre les pairs" de l’Eglise orthodoxe. Un responsable orthodoxe, l’archevêque Demetrios d’Amérique, a également dénoncé mardi le refus d’Ankara de rouvrir l’unique séminaire orthodoxe de Turquie, sur l’île stambouliote de Heybeli, et la confiscation de biens immobiliers appartenant à des fondations chrétiennes.
Benoît XVI doit rencontrer Bartholomée Ier à deux reprises, mercredi et jeudi, avant la publication d’une déclaration commune. Le Pape a fait de la réconciliation avec les orthodoxes une des priorités de son pontificat, entamé en avril 2005. Séparées depuis le schisme de 1054, l’Eglise catholique, héritière de l’Eglise chrétienne d’Occident et les Eglises orthodoxes issues de l’Eglise d’Orient, ont entrepris depuis un demi-siècle de se rapprocher, avec des hauts et des bas dans le dialogue.
La première journée du voyage du Pape qui s’annonçait périlleux en raison de la violente polémique engendrée par les propos de Benoît XVI sur l’Islam s’est finalement déroulée sous le signe de l’apaisement. Elle a été marquée par des déclarations et des gestes de bonne volonté de part et d’autre, en particulier le soutien de Benoît XVI à l’adhésion d’Ankara à l’Union européenne, saluée mercredi par la presse turque.

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