Le Parlement divisé sur l’accord de sécurité

«La discussion est terminée et le vote aura lieu mercredi», a déclaré en fin d’après-midi le président du Parlement, Mahmoud al-Machhadani. Il clôturait ainsi une séance de sept heures au cours de laquelle une quarantaine de députés ont exprimé leur position sur la question.
Il a toutefois indiqué que si «les trois entités (sunnites, chiites, kurdes) réussissaient à parvenir à une position commune sur l’accord, la séance pourrait avoir lieu auparavant». Cependant, l’hypothèse est pour le moment difficilement imaginable. Samedi, les Kurdes ont affiché leur irritation en raison des différends les opposant au gouvernement, alors que les députés chiites et sunnites sont apparus divisés sur l’accord. «Des erreurs ont été commises durant les négociations, qui ont été menées sans transparence et sans que le Parlement ni le peuple ne soient informés», a déclaré l’un des dirigeants de l’Alliance kurde (53 députés), tranchant avec le soutien sans réserve apporté jusqu’à présent à cet accord. «En tant que Kurde, je pense que régler les problèmes du Kurdistan est plus important que l’accord, et nous devons trouver un consensus entre nous sur les affaires intérieures, car c’est l’unité du peuple irakien qui contraindra les Etats-Unis à appliquer l’accord», a-t-il ajouté. Au Parlement, les sunnites (56 députés) ont dans l’ensemble affiché leur hostilité, à l’exception de M. Machhadani et de son groupe, le «Conseil du dialogue national» (une dizaine d’élus), une des composantes du Front de la Concorde nationale. «Nous soutenons l’accord car c’est la moins mauvaise des alternatives et s’il y avait eu une solution de rechange, nous l’aurions soutenue», a-t-il indiqué. Pour être adopté, l’accord doit être approuvé par 138 voix sur 275. La prise de position des chefs parlementaires ne signifie pas que la consigne sera suivie par chacun des députés des différents groupes. Le Parlement n’a le droit de modifier aucun des 31 articles de l’accord, qui a été négocié pendant un an, et qui prévoit notamment le départ d’Irak des quelque 150.000 soldats américains d’ici la fin 2011, quelles que soient les conditions sur le terrain. D’ici là, le texte doit offrir un cadre juridique à la présence des soldats américains à l’expiration, le 31 décembre, du mandat de l’ONU.

• Salam Faraj (AFP)

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