Le Parti socialiste se cherche un chef

Maintenant que les feux d’artifice des municipales se sont éteints avec la percée de la gauche qu’on pressentait et la débâcle de la droite qu’on redoutait, l’heure a sonné pour le Parti socialiste pour la clarification des enjeux politiques et de ambitions individuelles. Cette année a été programmée pour abriter le congrès du Parti socialiste destiné à choisir un successeur à François Hollande.
Le poste de premier secrétaire est au cœur de la bataille interne des socialistes. Un combat si important que les instituts de sondages ont jugé politiquement opportun de jauger les chances des candidats. L’institut CSA montre dans sa dernière étude que 40% des Français estiment que Bertrand Delanoë serait le meilleur premier secrétaire devançant Ségolène Royal qui a atteint 36%, loin devant Martine Aubry et ses 29%.
Le choix du premier secrétaire s’avère problématique puisqu’il est structurellement lié au candidat du Parti socialiste à la présidentielle. Cette relation semble avoir laissé un effet traumatisant pour la galaxie socialiste comme le raconte, avec un brin d’ironie, un des responsables du PS. Claude Bartolone résume cet état d’esprit : «En 2002, la gauche avait « le meilleur candidat possible : un homme d’Etat avec un bilan honorable. On connaît la suite (…) en 2007, nous avions la candidate la plus populaire, elle a quand même perdu … Alors quand on voit le résultat des municipales, où ce ne sont pas nos candidats les plus charismatiques qui ont gagné, on se demande si nous n’avions pas intérêt à présenter un parfait inconnu».
Un parfait inconnu serait difficile à trouver. La liste des prétendants ne cesse de s’allonger. D’abord Bertrand Delanoë, maire de Paris qui estime «qu’il faudra un vrai premier secrétaire, quelqu’un qui ait l’autorité, la force pour remettre en route le PS et pour s’opposer à la droite». En écho à cette prétention, Ségolène Royal affirme «avoir la capacité de remplir plusieurs conditions et de présenter aux Français un projet crédible, solide et cohérent». Ségolène Royal s’est fait doubler sur sa droite par son ancien collaborateur qui évoque son ambition comme s’il était touché par la grâce. Il se dit prêt pour cette mission. «Pas simplement parce que c’est un caprice, pas simplement parce que c’est mon tour, pas parce que j’ai une envie: parce que moi, je sais ce qu’est le Parti socialiste. C’est ma vie, ça fait 25 ans que je milite au Parti socialiste». Un autre second couteau, Pierre Moscovici, dévoile son appétit et argumente son choix en posant ses conditions : «Il faut des hommes et des femmes capables de se dévouer totalement à un programme de travail pour le Parti socialiste, la rénovation de sa pensée, de son discours, la réflexion sur ses alliances et la création d’une machine politique plus efficace qu’elle ne l’est aujourd’hui. Moi, je suis prêt à le faire».  La bataille du premier secrétaire passionne suffisamment au point qu’un retraité de la vie politique comme Lionel Jospin sort de son silence et fait part de son opinion dans une tribune publiée par le journal «Le Monde» de samedi dernier : «Parmi leurs dirigeants actuels, les socialistes doivent choisir pour la porter à leur tête une personnalité dotée d’une culture et d’une expérience politiques indiscutables». Et donner une légère indication vers quelle direction va sa préférence : «Le Parti socialiste doit s’appuyer sur ses succès locaux, il ne peut s’y borner. Il lui faut se redonner un destin national».
Autour de cette conquête du Parti socialiste, deux forces antagonistes sont à l’œuvre. Celle de Bertrand Delanoë, adoubé par les militants et les sondages depuis son exploit à la mairie de Paris et celle de Ségolène Royal dont la performance à l’élection présidentielle n’a pas laissé que le goût amer de la défaite, mais la naissance d’une personnalité politique prometteuse. Dans ce combat, Ségolène Royal court le risque de fédérer contre elle toutes les alliances qui avaient du mal à comprendre son incapacité à battre le candidat d’une droite reconduite sur un bilan contestable. Ses différentes d’appréciations vont certainement dominer le conseil national du PS prévu demain mardi et qui doit valider la proposition de François Hollande de tenir le congrès de la succession du 7 au 9 novembre prochain pour choisir le prochain premier socialiste.

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