Le point de discorde

C’est à partir des années 1930, au moment où des mouvements nationalistes, dirigés par cheïkh Abdoullah, apparaissent, que le Cachemire alors propriété d’un rajah hindou, fait son entrée dans l’antagonisme indo-pakistanais. Divisée entre l’Inde (État de Jammu-et-Cachemire) et le Pakistan (Azad Kashmir), la région explose en 1947 au milieu des revendications des Hindous (pro-indiens) et des Musulmans (pro-pakistanais). Ce premier conflit aboutit à un cessez-le-feu, sous l’égide des Nations Unies, en 1949, qui implique un retrait des armées indiennes et pakistanaises. Alors qu’il faisait l’objet de négociations concernant son autonomie et sa réunification, le Cachemire éclate à nouveau en 1965 puis en 1971. Deux conflits qui aboutissent finalement à un nouvel accord, celui de Shimla, en 1972, stipulant la séparation des deux sous-régions cachemiries par une « ligne de contrôle ». Malgré tout, le Pakistan continue de revendiquer le territoire et tente d’internationaliser le conflit, notamment en réclamant un plébiscite sous les auspices de l’ONU. Le dirigeant pakistanais Ali Bhutto lance aussi un programme nucléaire militaire croyant exercer un effet de dissuasion sur l’Inde. Peine perdue, cette dernière organise à son tour son premier essai en 1974 dans le Rajasthan. Quinze ans plus tard, en 1987, le Pakistan, qui détient son premier engin nucléaire, aide les mouvements insurrectionnels pro-pakistanais, comme le Hizbul Mujahideen, très actifs à partir de 1990, année où le Jammu-et-Cachemire est placé sous administration directe de la présidence indienne. Il faudra attendre 1997 pour que les pourparlers reprennent malgré la montée des groupes séparatistes et des affrontements périodiques le long de la ligne de contrôle. En mars à New Dehli, et en juin à Islamabad, les deux premiers ministres M. Inder Kumar Gujral et M. Nawaz Sharif se rencontrent enfin. Si Islamabad réclame le droit à l’autodétermination des Cachemiris en rappelant les engagements internationaux pris par l’Inde en 1949 (retrait des troupes et référendum), cette dernière s’appuie sur la légalité de l’instrument d’accession à l’Union indienne, signé en 1947. Malgré un déficit budgétaire entravé par des réformes économiques, les deux Etats accèdent parallèlement au statut de puissance nucléaire en 1998…

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *