Le président tchétchène assassiné

Le président tchétchène assassiné

L’événement valait le détour. C’est la fin d’une deuxième guerre mondiale, et celle de toute une époque, que les habitants de Grozny, la capitale tchétchène, étaient venus célébrer, marquant en cela la victoire de l’armée rouge sur les forces nazies, ou « Jour de la victoire ». Ils étaient rassemblés dans le stade Dinamo qui n’a pas tardé à se transformer en un véritable bain de sang.
Une bombe, visant apparemment spécifiquement la tribune des personnalités du stade, a explosé là où se déroulait la cérémonie de commémoration. Bilan : au moins 32 morts dont le président tchétchène, Akhmad Kadirov, connu pour être pro-russe, et blessant grièvement le commandant des forces russes en Tchétchénie, Valéri Baranov, donné mort dans un premier temps. Aslan Khasanov, un reporter photographe tchétchène de l’agence Reuter, figure parmi les morts, ont affirmé des sources hospitalières.
Kadirov, autrefois chantre de la guerre sainte musulmane des Tchétchènes (djihad) contre l’armée russe, était considéré depuis son rapprochement avec Moscou comme un traître par ses anciens alliés de la rébellion tchétchène. Agé de 52 ans, il est l’ancien administrateur de la Tchétchénie, que les rebelles indépendantistes tchétchènes avait déjà visé, sans grand succès, de tuer à plusieurs reprises. Il a été élu à la tête de la république en octobre dernier, à l’issue d’un scrutin controversé.
Le président, qui avait combattu aux côtés des indépendantistes lors de la première guerre russo-tchétchène (1994-1996) avant de changer, n’avait pas caché son objectif: pour lui, la paix en Tchétchénie passait par une lutte acharnée contre les séparatistes.
L’attentat de dimanche, perpétré au cours d’une cérémonie entourée théoriquement d’un important dispositif de sécurité, marque dans ce sens un revers cuisant pour Poutine, qui se targue de rétablir l’ordre dans le nord du Caucase. Le président russe, qui a déclaré à plusieurs reprises que la guerre en Tchétchénie était finie, a assuré, après l’attentat, à des anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale : «Il ne fait aucun doute que ceux que nous combattons aujourd’hui n’échapperont pas à leur châtiment. Les terroristes n’y échapperont pas.» Cinq personnes soupçonnées d’implication dans l’attentat ont été arrêtées, rapporte l’agence russe Itar-Tass, citant un porte-parole du ministère de l’Intérieur selon lequel les suspects ont été arrêtés une heure après l’attentat imputé par le ministère de la Défense aux mêmes séparatistes tchétchènes.

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