Le procès de Tarek Aziz reporté au 20 mai

Le procès de Tarek Aziz, qui fut le porte-parole à l’étranger de Saddam Hussein pendant vingt ans, jugé pour la mort de dizaines de commerçants irakiens en 1992, s’est ouvert mardi à Bagdad. Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères sous la dictature, Tarek Aziz risque la peine de mort. L’audience devant le Haut tribunal pénal, commencée à 17H00 (14H00 GMT) avec cinq heures de retard, a duré 45 minutes avant que le procès ne soit ajourné au 20 mai. Agé de 72 ans, il a gagné lentement le banc des accusés et pris le siège occupé par Saddam Hussein lors de son propre procès pour compara$itre aux cotés de six autres anciens responsables du régime. Toussant tout au long de l’audience, s’appuyant sur une canne et vêtu d’un complet marron, celui qui fut de 1979 à 2003 le visage de l’Irak à l’étranger a demandé au président du tribunal de l’autoriser à avoir un nouvel avocat. Il a expliqué que son défenseur, Badie Aref, qui réside à Amman, ne pouvait pas assister au procès à Bagdad pour des «raisons de sécurité». Le juge kurde Raouf Rachid Abdel Rahmane a procédé à l’appel des prévenus, de leurs avocats et des avocats de la partie civile, avant d’annoncer le renvoi du procès au 20 mai. Le Haut tribunal pénal irakien est situé dans la «zone verte», le secteur ultra-protégé du centre de Bagdad où se trouvent l’ambassade des Etats-Unis et les institutions du gouvernement irakien.
Unique chrétien du cercle étroit des puissants de la dictature de Saddam Hussein, Tarek Aziz et ses co-accusés sont jugés pour l’exécution en 1992 de 42 commerçants accusés d’avoir spéculé sur les prix des produits alimentaires. L’Irak était alors soumis à des sanctions internationales drastiques imposées après l’invasion du Koweït en août 1990. Selon l’acte d’accusation, ces commerçants ont été arrêtés dans les marchés de grossistes à Bagdad, exécutés après un procès sommaire et leurs biens ont été saisis. Pour des «raisons de santé» un huitième co-inculpé, Ali Hassan al-Majid, dit «Ali le Chimique», n’a pas été amené à la Cour, a indiqué le juge Abdel Rahmane.
Condamné à mort en juin 2007 par la justice irakienne pour le «génocide» d’Anfal contre les Kurdes dans les années 1980, il est en instance d’exécution. Tarek Aziz a nié tout lien avec cette affaire, selon son fils. «Mon père m’a dit personnellement qu’il n’est pas du tout lié à cette affaire», a indiqué à l’AFP Ziad Aziz.

• Ammar Karim (AFP)

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