Le rapport de James Baker inquiète Israël

Le rapport de l’ex-secrétaire d’Etat, James Baker, publié mercredi, estime que la situation en Irak «est grave et se détériore» et propose de menacer le gouvernement irakien pour qu’il améliore la sécurité dans le pays. Le texte appelle à une politique plus active pour résoudre la question israélo-palestinienne.
«Il faut une nouvelle initiative américaine en faveur d’une paix israélo-arabe qui prenne en compte l’engagement du président américain George W. Bush en 2002 en faveur d’une solution à deux Etats pour Israël et les Palestiniens», souligne la commission coprésidée par l’ancien secrétaire d’Etat, James Baker.
«Il doit y avoir un engagement renouvelé et permanent des Etats-unis envers une solution globale de paix» au Proche-Orient, peut-on lire sur le rapport.
«Cet engagement doit comprendre des discussions directes avec et entre Israël, le Liban, les Palestiniens -ceux qui acceptent le droit à l’existence d’Israël- et la Syrie», poursuit le texte.
Cette recommandation a poussé le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, à exprimer ouvertement ses désaccords avec ce rapport qui a fait craindre en Israël un changement de cap de la politique américaine. Ehud Olmert s’est efforcé jeudi de dissocier le conflit israélo-arabe de la situation en Irak.
«Le rapport ne reflète pas la position des Etats-Unis mais une opinion aux Etats-Unis. C’est avant tout une affaire intérieure américaine», a déclaré Olmert lors d’une rencontre avec la presse à Tel-Aviv.
«Pour ce qui est d’établir un lien entre le dossier irakien et le dossier moyen-oriental, nous avons une opinion différente et, autant que je sache, le président Bush a eu aussi durant ces dernières années une opinion différente», a-t-il ajouté.
Certains commentateurs en Israël manifestaient une certaine inquiétude à la suite de la publication du rapport Baker, soulignant qu’après la défaite du Parti républicain de George W. Bush aux récentes élections au Congrès, les relations stratégiques entre les Etats-Unis et Israël ne seraient plus aussi étroites.
Dore Gold, ancien ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, a pour sa part relevé qu’un «changement s’est produit aux Etats-Unis depuis les élections au Congrès».
«Il y a une frustration croissante vis-à-vis des résultats de la guerre en Irak et une grande partie du rapport sera adoptée», a-t-il estimé.
La situation en Palestine reste critique en raison de l’impasse politique, mais surtout à la crise financière causée par le gel des aides américaines et européennes. Récemment, une commission chargée d’examiner les moyens de sortir de la crise actuelle suite à l’impasse dans les négociations sur la formation d’un gouvernement d’union nationale, a recommandé la tenue d’élections législatives et présidentielles anticipées.
«Je crois que des élections anticipées pour le président et le Parlement constituent le choix le plus probable», a affirmé Azzam al-Ahmad, membre de cette commission et chef du groupe parlementaire du Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas.
«C’est la recommandation finale que nous faisons à Mahmoud Abbas», a ajouté ce député.

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