Le retour de l’ONU en Irak

Le retour de l’ONU en Irak

L’attentat à la voiture piégée perpétré le 19 août 2003 contre le quartier général de l’ONU en Irak et qui avait tué 22 personnes dont l’émissaire spécial de M. Annan, Sergio Vieira de Mello et l’attaque contre le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) le 27 octobre, ont poussé le personnel international de l’ONU à se retirer. Mais, ces incidents n’ont pas totalement découragé l’ONU. Kofi Annan a jugé opportun de revenir en Irak afin de trouver une solution et surtout d’étudier la faisabilité de la tenue des élections directes. Ces dernières sont réclamées par la principale figure religieuse chiite d’Irak, Ayatollah Ali Sistani. C’est ce qui justifie la présence de neuf experts de l’ONU. « Nous sommes là pour écouter le peuple irakien, le Conseil du gouvernement et le grand nombre possible de secteurs de la société, pour comprendre ce que le peuple irakien veut », a affirmé M. Ahmad Fawzi. La délégation onusienne a rencontré samedi l’administrateur américain en Irak, Paul Bremer qui a offert l’assistance au groupe. Conduit par Lakdar Brahimi, conseiller spécial de Kofi Annan, le groupe des neuf ont eu aussi une première réunion dimanche avec le Conseil du gouvernement transitoire irakien. C’est au siège du Conseil du gouvernement, situé au voisinage du quartier général de l’autorité provisoire de la coalition (CPA), dans la «zone verte», une forteresse en plein coeur de Bagdad, qu’a eu lieu ce premier contact. Au cours de cette réunion «l’équipe de l’ONU a présenté au conseil du gouvernement sa mission et annoncé la volonté de l’Organisation internationale de jouer un important rôle en Irak», a affirmé le porte-parole du conseil M. Hamid Al-Qifaï et d’ajouter « le but de cette mission n’est pas d’examiner uniquement le transfert du pouvoir mais aussi le retour de l’ONU en Irak ». L’équipe des neuf doit rester à peu près une dizaine de jours au cours desquels elle « va s’efforcer de rencontrer les représentants de toutes les composantes (politiques) et d’écouter les points de vue irakiens, sans exception », indique M. Annan dans un communiqué et d’ajouter « j’espère que le travail de cette équipe va contribuer à résoudre l’impasse actuelle sur le processus de transition politique devant mener à l’établissement d’un gouvernement provisoire en Irak ». Les élections directes proclamées par la majorité chiite sont jugées prématurées par Washington. À ce propos, M. Annan affirme que le calendrier est susceptible d’être modifié si l’équipe des experts le recommande. En effet, selon l’accord du 15 novembre 2003, conclu entre la coalition et le Conseil de gouvernement, une assemblée transitoire doit être élue par scrutin indirect dans le cadre du transfert du pouvoir et ce avant le 30 juin 2004. L’ONU doit en effet, aider dans la tenue des « élections si elles sont possibles ». L’élaboration de la Constitution doit débuter, elle, en mars 2005. Au moment même où l’équipe onusienne entame ses études de faisabilité des élections directes, un détachement de soldats japonais est arrivé en Irak. En effet, un convoi de 25 véhicules, avec à bord quelque 50 militaires japonais, a franchi la frontière irako-koweïtienne. Endroit stratégique depuis mars 2003 date du passage de la coalition américo-britannique visant à envahir l’Irak. Le convoi est escorté par deux véhicules américains. Les militaires nippons doivent parcourir 300 km pour se rendre à Samawa. C’est là où ils ont décidé de se baser. Le convoi rejoint effectivement une quarantaine d’éclaireurs de l’armée de terre japonaise en Irak depuis le 19 janvier. Conformément à la Constitution japonaise, pacifiste, les unités auront essentiellement une mission humanitaire. 500 autres soldats de l’armée de terre sont attendus. Ils vont se déployer en Irak d’ici à la fin du mois de mars. De leur côté, l’Allemagne, la France et le Japon ont préparé, selon le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, un plan de coopération pour la reconstruction de l’Irak. Les Etats-Unis ont pris connaissance de ce plan qui concerne la formation de policiers, l’approvisionnement en eau et en lectrice, la reconstruction du système scolaire et universitaire.
D’ailleurs, ce plan sera au centre de la discussion programmée fin février à Washington lors de la rencontre entre le chancelier allemand Gerhard Schroeder et le président américain George W. Bush.

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