Le sommet de Khartoum écourté, les principaux chefs d’Etat absents

"Jusqu’à présent, huit rois et présidents ont fait savoir qu’ils ne viendraient pas à Khartoum et qu’ils seraient représentés soit par leur Premier ministre soit par leur ministre des Affaires étrangères", a indiqué à l’AFP un responsable de la Ligue arabe qui a requis l’anonymat.

Selon ce responsable, seront absents du sommet le roi Abdallah d’Arabie saoudite, le président égyptien Hosni Moubarak, le roi de Bahreën Hamad Ben Issa al-Khalifa, le président des Emirats arabes unis Khalifa ben Zayed al-Nahyane, le roi du Maroc Mohammad VI, le Sultan Qabous d’Oman et les présidents irakien, Jalal Talabani, et tunisien Zine el-Abidine Ben Ali.

En soirée, un responsable gouvernemental jordanien a annoncé que le roi Abdallah II ne se rendrait pas à Khartoum, sans fournir d’explication à ce changement de programme. La Ligue arabe compte 22 membres.

Selon des analystes à Khartoum, les absences inexpliquées du monarque saoudien et de M. Moubarak donneront sans doute moins de poids à ce sommet annuel, dont les travaux, prévus pour deux jours, ont été réduits à la seule journée de mardi.

Son intérêt pourrait aussi être éclipsé par les élections législatives qui se tiennent le même jour en Israkl.

Un diplomate rompu aux sommets arabes, qui a requis l’anonymat, a affirmé à l’AFP qu’il s’agissait d’"un sommet de routine, qui se tient uniquement parce que sa date avait été fixée d’avance".

La présence à Khartoum du Premier ministre libanais Fouad Siniora, aux côtés du président pro-syrien Emile Lahoud, contesté par la majorité parlementaire antisyrienne, va créer un précédent dans les annales arabes. Les deux responsables de l’exécutif n’avaient jamais assisté en même temps à un sommet arabe.

"La décision (de M. Siniora) vise à pallier l’insuffisance de la représentativité du Liban, qui se limitait à la participation du président de la République", a indiqué une source gouvernementale.

Dans un communiqué adressé aux dirigeants arabes, la majorité parlementaire a estimé que cette participation constituait une "atteinte à la légitimité constitutionnelle" du Liban, la présence de M. Lahoud à la tête de l’Etat "résultant de la prorogation de son mandat imposée par la Syrie".

M. Lahoud s’est entretenu en soirée à Khartoum avec le président syrien Bachar al-Assad. Les relations libano-syriennes sont tendues depuis l’assassinat en février 2005 de l’ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri au moment où la Syrie exerçait une tutelle sur le Liban, avant le retrait forcé de ses troupes deux mois plus tard.

Le sommet devrait annoncer, selon le projet de communiqué final, que l’envoi de troupes internationales au Darfour (ouest du Soudan) devait obtenir l’aval de Khartoum.

Une résolution du Conseil de sécurité de l’Onu, à la demande des Etats-Unis, a été adoptée pour appeler à l’accélération des préparatifs de déploiement d’une force internationale dans cette région ravagée par une guerre civile depuis trois ans.

Le sommet devrait aussi proclamer son refus de "tout tracé unilatéral de la frontière par les Israéliens".

Le Premier ministre israélien par intérim Ehud Olmert, dont le parti Kadima est donné favori pour les législatives, a affirmé dimanche qu’Israkl dessinerait ses frontières après des consultations internes et avec les Etats-Unis, sans nécessairement tenir compte de l’avis des Palestiniens.

Enfin, les dirigeants arabes doivent annoncer plus d’implication dans les affaires de l’Irak, menacé d’éclatement et de guerre civile.

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