Le sommet des derniers espoirs

New Delhi et Islamabad vont tenter de renouer le dialogue lors du sommet des pays de l’Asie du Sud à Katmandou. Dans le même temps, mouvements de troupes et accusations mutuelles s’intensifient. Dans la nuit de jeudi à vendredi, leurs soldats ont échangé des tirs de mortier et d’armes automatiques le long de leur frontière au Cachemire. D’autre part, l’Inde a réceptionné vendredi un premier lot sur les 310 chars russes T-90, dotés de missiles capables de détruire les engins blindés de l’ennemi. Des chars que New Delhi pourra bientôt fabriquer sur place.
Au cours des dernières semaines, les deux pays ont mobilisé plusieurs dizaines de milliers d’hommes sur leur frontière, et ce à la suite de l’attentat du 13 décembre sur le Parlement indien de New Delhi. Une attaque qui avait fait quatorze morts, dont les cinq assaillants et derrière laquelle l’Inde voit la main des services secrets pakistanais. A ce titre, le Premier ministre indien, Atal Behari Vajpayee, a exigé l’arrestation et l’extradition vers l’Inde des responsables des attentats, tout en renforçant ses troupes militaires à la frontière du Cachemire. Et malgré les gestes de bonne volonté d’Islamabad, l’Inde préfère minimiser les gestes de bonne volonté pakistanais. Les espoirs qui reposent sur la rencontre de Katmandou, regroupant sept nations du sous-continent asiatique, risquent de s’avérer vains. L’Inde ayant fait savoir qu’elle n’entendait pas aborder des questions bilatérales lors du sommet de la SAARC (Association de l’Asie du Sud pour la Coopération Régionale), qui se réunit régulièrement afin d’améliorer la coopération régionale. Un sommet dont les deux poids lourds sont Islamabad et New Delhi. Prévue vendredi, l’ouverture de ce sommet a été reportée à samedi, en raison de l’empêchement du président pakistanais Pervez Musharraf à effectuer le voyage, en raison du mauvais temps qui sévit en Chine. Cette rencontre s’annonce dès lors comme une occasion de rapprocher les positions indiennes et pakistanaises. Une situation qui préoccupe la communauté internationale, et notamment les Etats-Unis, qui veulent maintenir la stabilité régionale. L’arrivée prévue dans la région du Premier ministre britannique Tony Blair, qui se rend à Islamabad et à New Delhi, doit parachever l’offensive diplomatique internationale.
Sur le front intérieur, le ton des médias des deux pays est à la surenchère patriotique. On s’accuse mutuellement de privilégier la propagande à l’information, et les voix discordantes ou modérées sont rares.
La tension entre les frères ennemis, issus de la partition de 1947, a souvent dégénéré en conflit armé. Souvent meurtriers. Mais, cette fois-ci, les conséquences pourraient s’avérer plus dramatiques, vu que les deux pays appartiennent au club des puissances nucléaires. Les espoirs d’apaisement sont « branchés » sur le sommet de Katmandou.

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