Le sort de Rumsfeld reste incertain

Donald Rumsfeld n’a pas répondu à la question centrale de savoir qui avait la responsabilité des militaires américains ayant infligé des sévices aux détenus irakiens à la prison d’Abou Ghraib, près de Bagdad, a déploré devant la presse le sénateur républicain John McCain à l’issue de la séance marathon des commissions des forces armées du Sénat et de la Chambre des représentants. « Il reste encore à savoir qui était responsable des gardes qui ont commis ces actes obscènes et je n’ai pas pu obtenir de réponse », a-t-il insisté, en se déclarant « déçu » par les explications de M. Rumsfeld qui s’est borné à dire que le Pentagone enquêtait.
« Qui donnaient les instructions aux gardes? Avaient-ils leurs propres officiers? Le renseignement militaire avait-il autorité sur eux », a ajouté M. McCain, en estimant que ces questions restaient totalement ouvertes.
La sénatrice démocrate, Hillary Clinton, a estimé que l’insuffisance des « réponses apportées à ces questions soulèvent beaucoup plus d’interrogations (….) sur le fait de savoir si le secrétaire à la Défense peut continuer à exercer ses responsabilités efficacement ». « L’existence de ces abus révèlent à la fois le fonctionnement de la chaîne de commandement et la nature des individus qui les ont commis », a-t-elle ajouté. Le quotidien “Washington Post”, de son côté, a déploré samedi l’absence d’engagement ferme de M. Rumsfeld vendredi de réformer le système carcéral américain « inacceptable » « en Irak, en Afghanistan et ailleurs » qui viole les conventions de Genève sur le traitement des prisonniers de guerre.
Ces critiques et interrogations sur la performance du chef du Pentagone au Congrès continuent à laisser ouverte la possibilité de sa démission réclamée à cor et à cri par l’opposition démocrate, le “New York Times” et “l’Economist”, l’hebdomadaire britannique conservateur très lu par l’élite américaine.

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