Le Sud-Est de l’Iran dévasté

Le Sud-Est de l’Iran dévasté

On s’achemine vers les 100. 000 victimes, entre morts et blessés dans ce séisme dévastateur qui a détruit plus de 70 % de la ville de Bam (200 000 habitants) et les villages environnants. Les secouristes et le matériel venus du monde entier continuaient à arriver dimanche matin à l’aéroport de la ville. Cela fait maintenant plusieurs jours que le séisme a eu lieu, et il subsiste peu d’espoir de trouver quelques survivants, a expliqué le ministre iranien de l’Intérieur Abdolvahed Moussavi Lari aux journalistes à Bam. « C’est une catastrophe immense », a-t-il dit. « Soixante-dix pour cent d’une ville de 200.000 habitants a été détruite. Vingt à 30% des habitations de la ville sont également inhabitables ou dangereuses », selon lui. Interrogé sur le bilan des victimes, M. Lari a expliqué que « la réalité est que nous ne pouvons pas donner de chiffres exacts maintenant. Des corps ont été dégagés des décombres, mais certains quartiers de la ville n’ont pas encore été explorés ». Devant l’ampleur du désastre et le manque de moyens de secours, l’Iran a lancé un appel à l’aide internationale qui a été entendu dans les grandes capitales. De nombreux habitants pleuraient dans les rues autour de leurs morts et déploraient la lenteur des opérations de secours. Selon le Centre de géophysique de l’université de Téhéran, le tremblement de terre s’est produit à 1h 58 GMT. Plusieurs répliques ont été enregistrées depuis la première secousse, dont la plus violente à 3h 06 GMT. Totalement détruite, la citadelle médiévale Arg-e-Bam était un joyau en pisé de 300 mètres de long et 200 mètres de large. Elle avait servi de décor au film «le Désert des Tartares» (1976), adapté du roman éponyme de l’écrivain italien Dino Buzzati. Le séisme est le plus important enregistré dans cette région depuis 1998, selon l’Observatoire des sciences de la terre de Strasbourg. La citadelle de la ville de Bam était considérée comme l’une des merveilles du patrimoine culturel de l’Iran, étant la plus grande construction en pisé au monde. Son histoire remonte à 2.000 ans. Elle représente le meilleur exemple des constructions urbaines de l’Iran préislamique. Les habitations de la région de Bam étaient majoritairement construites en pisé, mélange de terre argileuse et de paille, ou en briques de terre, qui se sont transformées en poussière lorsque les bâtiments se sont effondrés. Au coutraire des bâtiments en béton, des poches d’air sont peu susceptibles de se former sous les gravats. Au plan humain, Ari Vakkilainen, membre de Finn Rescues, une organisation gouvernementale finlandaise de secours, a déclaré à l’AFP à l’aéroport de Bam: « Je pense qu’il n’y a pas beaucoup de gens encore en vie sous les décombres, en raison du type de constructions ici ». « Même avec une poche d’air importante, le maximum que l’on puisse tenir sous les décombres est 72 heures », a expliqué M. Vakkilainen, pompier de profession. Ce délai « dépassé, il y a peu de chance de trouver des survivants, et je ne pense donc pas que ces chances soient grandes », a-t-il dit. Jusqu’à présent, a-t-il indiqué, des équipes de secours sont arrivées à Bam en provenance de Suisse, de Turquie, de Grande-Bretagne, d’Italie, du Luxembourg, d’Azerbaïdjan, d’Espagne, d’Ukraine et de Pologne. Mais, a précisé le sauveteur finlandais, « le problème est que seuls 30 chiens secouristes sont actuellement sur le terrain ». Dans la nuit de samedi à dimanche, le premier avion américain transportant des secouristes et du matériel médical, un Hercule «C-130», est arrivé à Kerman, à 200 km au nord-ouest de Bam. Les Etats-Unis ont envoyé plus de 200 secouristes ainsi que du matériel médical en Iran pour participer aux opérations de sauvetage et de recherche, avait annoncé plus tôt la Maison- Blanche. D’autres secouristes internationaux attendent de pouvoir rejoindre la région sinistrée. Un avion transportant une soixantaine de personnels soignants français, arrivé dans la nuit, a pu repartir de Kerman vers Bam peu avant 9h00 locales (5h30 GMT), a constaté un journaliste de l’AFP à Kerman. Un autre gros porteur affrété par le gouvernement français et transportant un hôpital de campagne attendait de pouvoir les suivre. Samedi, des milliers de rescapés du séisme avaient fui la ville sinistrée, craignant de nouvelles secousses.

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