Légitimation sur commande

La Ligue arabe vient de reconnaître indirectement la légitimité du Conseil du gouvernement transitoire irakien en admettant son représentant à titre temporaire au sein de cette organisation. La décision, qui a été prise par les ministres arabes des affaires étrangères lors de leur réunion lundi au Caire, admet à titre provisoire les représentants des nouvelles autorités irakiennes, nommées sous l’égide de Washington. Les pays arabes cèdent ainsi aux pressions exercées sur eux par l’administration américaine qui a mobilisé sa diplomatie auprès des dirigeants arabes afin de les convaincre de reconnaître la légitimité du Conseil du gouvernement transitoire irakien. Il s’agit donc d’une reconnaissance sur commande. Intervenant, hier, lors de cette réunion ministérielle, le nouveau ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari, a affirmé que les nouvelles autorités Irakiennes veulent entretenir « les meilleures relations avec les pays arabes » et n’avaient « aucune intention de se couper avec ses frères arabes ». Concernant le caractère provisoire de cette acceptation, Ibrahim Jaafari, membre de ce conseil a déclaré à la presse que cette décision « est mieux que rien ». «Nous aurions souhaité qu’il n’y ait pas la mention « temporaire »», a-t-il dit, ajoutant qu’en tout cas « nous sommes dans une situation de transition, le Conseil est lui-même provisoire jusqu’à la mise en place d’une constitution et aux élections ». Par ailleurs, la situation sur le terrain en Irak ne semble pas se diriger vers la stabilité et la sécurité. Les attaques de la résistance irakienne se poursuivent contre les forces américaines d’occupation faisant, mardi, trois blessés à l’entrée de la ville de Falloujah (60 km à l’ouest de Bagdad), qui se trouve dans la région à majorité sunnite du pays. Les forces américaines sont visées par des attaques quasi-quotidiennes dans le fameux « triangle sunnite », au nord-ouest de Bagdad, qui a toujours soutenu l’ancien président Saddam Hussein. À Baaqouba, deux attaques au mortier ont visé le siège des troupes américaines installé à l’aéroport, sans faire de victime, selon des habitants. Par ailleurs, la police et la force de protection des lieux saints à Najaf, une des villes saintes chiites à 175 km au sud de Bagdad, ont annoncé l’arrestation d’un ancien agent des services de renseignement irakiens, soupçonné d’implication dans une action contre les forces d’occupation dans cette ville le 29 août. Les forces américaines se trouvent aussi confrontées à un autre problème à savoir celui des milices chiites qui se sont constituées après l’assassinat de leur leader à Najaf. Les négociations en cours entre les Américains et les dirigeants chiites semblent se diriger vers un compromis. Ce dernier permettrait d’éviter une confrontation entre les forces américaines déployées dans la région et les milices qui ont envahi les rues de Najaf après l’attentat. Le gouverneur de Najaf, Haïdar Mehdi Mattar al-Mayali, a affirmé avoir engagé une médiation entre les troupes de la coalition et le jeune imam Moqtada Sadr, qui a succédé à son prédécesseur assassiné suite à l’explosion de deux voitures piégées ayant fait plus de quatre-vingt morts. Sadr, qui a créé sa propre milice, s’est déclaré optimiste sur les chances d’un compromis. Ce dernier, actuellement en discussion, porte sur l’octroi d’autorisation de port d’armes par les forces américaines à un nombre réduit de gardes du corps chargés de protéger Moqtada Sadr, ses maisons et ses bureaux. Dans la région méridionale de Bassorah, les troupes britanniques ont arrêté un chef de tribu, accusé d’avoir hébergé l’ancien président Saddam Hussein, provoquant une manifestation de protestation des membres de sa tribu. Sabah al-Maliki, chef de la tribu Bani Malek, a été interpellé à son domicile dans la région de Qorna, au nord de Bassorah, a précisé un membre de la tribu. L’information a été confirmée par les forces britanniques qui n’ont pas donné plus d’explications. Enfin, il est à signaler que la situation en Irak est loin de recouvrer la stabilité dans les quelques mois qui viennent ce qui explique bien la nouvelle attitude de l’administration américaine visant à impliquer l’ONU davantage dans la recherche d’une stabilité qui tarde à se réaliser.

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