L’élection maintenue au 6 juin

L’élection présidentielle est maintenue au 6 juin en Mauritanie malgré les efforts de la médiation internationale qui tente de reporter le scrutin pour y faire participer les partis opposés au coup d’Etat militaire du 6 août 2008. Vendredi 22 mai, l’ex-chef de la junte, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, a accusé l’opposition de «bloquer la démocratie», tout en affirmant qu’il était prêt à des concessions pour l’interêt de son peuple. «Ces gens, ce sont eux qui bloquent la démocratie, nous sommes prêts à négocier alors que eux ne le sont pas», a-t-il lancé au cours de son premier discours de campagne prononcé à Kiffa (centre). «Nous sommes prêts à faire des concessions en faveur du peuple mauritanien, mais ils préfèrent les blocages», a affirmé le général qui a démissionné de ses fonctions à la tête de la junte le 16 avril pour être candidat au scrutin du 6 juin. Il a encore une fois accusé ses adversaires politiques de «chercher à imposer un embargo contre leur pays et d’œuvrer pour l’affamer», estimant qu’ils ne «représentent rien» et appelant le peuple à aller aux urnes et d’assurer «un taux de participation élevé». Les forces anti-putsch ont de leur côté annoncé jeudi soir que la médiation internationale, conduite par le Sénégal, avec l’aide de l’Union africaine et des Nations unies, se trouvait dans l’impasse. Elles ont appelé leurs sympathisants à descendre dans la rue pour «faire échouer l’agenda électoral unilatéral» de la junte. «La médiation internationale se trouve dans une impasse à cause de l’obstination du général Mohamed Ould Abdel Aziz qui supportera l’entière responsabilité de son échec éventuel», a affirmé Mohamed Ould Moloud, négociateur en chef du Front national pour la défense de la démocratie (FNDD). Lors d’une conférence de presse, Ould Moloud a expliqué cette impasse par le «refus du général d’accepter notre proposition de surseoir à la campagne électorale en cours pour favoriser le climat des négociations». «Nous ne saurions accepter de mener des négociations sous la menace d’une campagne, ce serait un chantage, un forcing pour nous imposer un agenda que nous refusons et considérons comme illégal», a protesté pour sa part Ahmed Ould Daddah, chef de l’opposition démocratique. Mais, un peu plus tôt dans la journée de jeudi, les autorités mauritaniennes avaient annoncé jeudi l’interdiction de toute manifestation de rue en dehors de celles programmées dans le cadre de la campagne électorale.

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