L’embrasement des Balkans

Après la mort de son fédérateur Tito en 1980 et l’effondrement de l’URSS en 1989, la Yougoslavie devient très vite le théâtre de scissions. Dès juin 1991, la Slovénie et la Croatie se détachent de cet Etat fédéral au sein duquel elles – ainsi que la Bosnie, la Macédoine, le Kosovo, le Monténégro et la Serbie – étaient regroupées depuis 1945. L’Armée fédérale yougoslave (JNA) de Belgrade (Serbie) tente alors de rappeler les deux entités à l’ordre et les combats se concentrent dans les régions à majorité serbe, au sud et à l’est de la Croatie.
Cette reconquête des « républiques autonomes » dure jusqu’en 1995 alors qu’un autre conflit éclate en mars 1992 en Bosnie qui se proclame elle aussi indépendante. Ce pays se divise bientôt en deux blocs : la communauté serbe, favorable à Belgrade qui la soutient militairement, et les communautés musulmane et croate, pour l’indépendance. De mars 1992 à septembre 1995, Sarajevo, la capitale, est assiégée par les Serbes qui prennent aussi le contrôle le 11 juillet 1995 de Srebrenica (Nord-Est), une enclave musulmane. Plus de 7.000 hommes y sont massacrés par les forces bosno-serbes dirigées par le général Ratko Mladic, sous le regard des forces internationales inertes…
Ces deux guerres s’achèvent finalement par les accords de Dayton (Etats-Unis), le 21 novembre 1995. Trois grands pays naissent alors de l’ancienne fédération : la « nouvelle » Yougoslavie (Serbie, Kosovo et Monténégro) dirigée par Slobodan Milosevic, la Croatie de Franjo Tudjman, et la Bosnie-Herzégovine d’Alija Izetbegovic. Mais le conflit réapparaît en 1999 dans la province du Kosovo où les Albanais fortement majoritaires refusent la domination serbe.
Slobodan Milosevic y organise une répression impitoyable et les négociations tenues en février en France (Rambouillet) échouent. Belgrade subit pendant trois mois (mars-juin) les bombardements de l’OTAN et retire ses troupes du Kosovo investi par la KFOR, force multinationale de paix au Kosovo. Des élections municipales en octobre 2000 sont remportées par Ibrahim Rugova, nationaliste modéré, qui administre depuis la région.

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