L’engrenage indo-pakistanais

Depuis lundi, le Pakistan retient en garde à vue l’ancien dirigeant d’un groupe soupçonné d’être impliqué dans l’attentat contre le Parlement indien le 13 décembre dernier. Malgré ce geste de la part d’Islamabad, les deux puissances militaires continuent de renforcer leurs armements, annonçant un regain de tension qu’elles n’avaient pas connu depuis 15 ans. Le président pakistanais Pervez Musharraf a pourtant déclaré dimanche que son pays voulait l’apaisement avec l’Inde. Tout en prenant toutes les mesures nécessaires pour faire face à une attaque.«Le Pakistan veut la paix. Le Pakistan veut réduire la tension. Mais, une fois dit cela, si une guerre est imposée au Pakistan, ses forces armées et ses 140 millions d’habitants sont pleinement préparés à faire face à toutes les conséquences, avec toute leur capacité», a-t-il expliqué. Aucune annonce officielle n’a par ailleurs été faite sur l’arrestation d’Hafiz Mohammad Saeed, du mouvement Lashkar-e-Taiba, l’un des deux groupes séparatistes basés au Pakistan. « Hafiz Mohammad Saeed a été arrêté par le gouvernement du Pakistan en raison de la campagne américaine contre l’Islam et le djihad », est la seule indication donnée par le mouvement sur son site Internet. Jusqu’à la semaine dernière, Saeed dirigeait le mouvement séparatiste, mais il a cédé depuis sa place à un Cachemiri, Abdul Wahid, sous la pression de l’Inde.
Malgré tout, les deux puissances nucléaires ont à nouveau échangé des tirs au Cachemire et renforcé leur présence militaire le long de la frontière. Ce lundi, un violent affrontement au mortier a fait cinq blessés graves du côté indien, selon un officier de l’armée, qui a précisé que les tirs les plus violents avaient été enregistrés dans le secteur de Pallanwala, à 80 km à l’ouest de la capitale d’hiver du Cachemire, Jammu.
Des bombardements sont aussi intervenus dans les secteurs voisins de Nowshera et Poonch, où plus de mille villageois ont été évacués dans la nuit de dimanche à lundi.
Pour l’heure, on ne parle que d’affrontements frontaliers, mais l’engrenage des déclarations et des incidents menace la région d’une quatrième guerre ouverte. A tout moment.

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