Les ADM bousculent Bush dans les sondages

Les ADM bousculent Bush dans les sondages

Finis les effets bénéfiques de la capture de Saddam Hussein. L’image de l’ex-maître de Bagdad, les yeux hagards, devant l’objectif des caméras, avait redoré le blason du président américain aux yeux de son opinion publique. Mais, à neuf mois des présidentielles, la cote de popularité du candidat Bush est de nouveau au plus bas. Selon trois sondages américains récents, John Kerry le candidat le plus placé pour l’investiture démocrate battrait George W.Bush si l’élection présidentielle avait eu lieu début février 2004. Le sénateur de l’Etat du Massachussetts remporterait la présidentielle avec 54% des intentions de vote contre 46% selon le sondage de CNN-USA-Today Gallup.
Une enquête nationale réalisée par l’université Quinipiac donne aussi perdant le locataire actuel de la Maison Blanche, avec 43% des intentions de vote, contre 51% pour son adversaire. Même tendance dans le sondage diligenté par Newsweek où la cote de popularité de George W.Bush frôle la barre des 40%. Loin, très loin du pic de 90% atteint après les attentats du 11 septembre.
Causes de cette méforme, la guerre en Irak et surtout la polémique sur les armes de destruction massive, laquelle a poussé le président américain à faire volte-face et à accepter enfin l’idée d’une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur la question. Mais là aussi, le timing et surtout le fait que les conclusions de l’enquête ne soient prévues qu’en 2005, après les élections du 2 novembre, risquent de créer un autre débat. Autre personnalité américaine, elle aussi contrainte à la défense sur le sujet des ADM, le secrétaire d’Etat américain. Colin Powell a déclaré, hier, dans un entretien publié par le «Washington Post», qu’il n’aurait pas recommandé l’invasion de l’Irak s’il avait été informé de l’absence d’armes de destruction massive. A ses yeux, « l’absence de ces stocks d’armes change la donne politique et change la réponse que l’on peut y apporter ».
De l’avis des analystes, l’annonce d’un «Budget martial » pour 2005, avec beaucoup de dépenses et peu de recettes risque aussi de nuire au président Bush. D’un montant de 2 400 milliards de dollars, dont une grande partie sera consacrée à la sécurité et à la défense, ce projet de budget a été accueilli avec beaucoup de critiques par l’opinion publique américaine.
Dans sa présentation du document budgétaire, George W.Bush ne s’est pas privé de son ton guerrier en proposant notamment, le relèvement du budget de la Défense de 7%, pour atteindre 402 milliards de dollars, progressant ainsi pour la cinquième année de suite : « Nous allons continuer à donner à notre pays ce qu’il faut pour le défendre en soutenant pleinement notre armée, qui se conduit avec beaucoup de talent et d’honneur à l’étranger».
A ce montant, il faudra ajouter le coût des futures opérations en Irak et en Afghanistan et les 30 milliards de dollars prévus pour la sécurité intérieure. Pour l’année 2004, le déficit budgétaire, un record en raison de la guerre en Irak, atteindra la barre des 521 milliards de dollars (4,5% du PIB). « Notre budget répond à une situation très sérieuse. Nous sommes en guerre et nous avons fait face à une récession », a déclaré M. Bush en guise de justification alors que l’ampleur du déficit inquiète les principaux partenaires économiques des Etats-Unis. D’où d’ailleurs les cibles des opposants démocrates qui insistent particulièrement sur ces chiffres «alarmants et fiscalement irresponsables», selon les propos de Véronique Rygy, chercheuse au Cato Institute, un institut privé libéral de tendance républicaine.
Une chose est sûre, les armes de destruction massive, dont on a pas encore trouvé nulle trace en Irak, risquent de peser lourd dans la journée du 2 novembre 2004.

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