Les appréhensions de Mahmoud Abbas

Les appréhensions de Mahmoud Abbas

Nous avons appris, dimanche dernier, que Mahmoud Abbas, est revenu à Ramallah, après un pontage cardiaque à Amman (Jordanie). A cette occasion, il nomme un vice-président de l’Autorité palestinienne chargé, notamment, de le remplacer au cours de ses absences ou à l’occasion de ses voyages à l’étranger.
Mahmoud Abbas, après un flou de plusieurs semaines a, enfin, décidé de reporter les élections parlementaires, à une date inderterminée. Elles furent d’abord prévues pour la période de novembre 2005 à janvier 2006, puis, dès la réforme du mode de scrutin aux législatives : il s’agirait d’un scrutin d’arrondissement, ou d’un système mixte, arrondissement et proportionnel, comme il a été convenu, précise-t-on dans l’accord arrêté, au Caire, avec le Hamas. En effet, ce dernier système  favoriserait le Hamas qui a prouvé son implantation régionale, par ses liens avec les grandes familles de la Bande de Gaza.
Le Hamas, quoi qu’il en soit, a marqué son mécontentement à l’égard de l’ajournement des élections, qu’il a considéré comme une violation de ses ententes, au Caire, pour accepter de réaliser «l’accalmie». Il semble, que le Fatah craindrait de perdre la direction des institutions palestiniennes au profit du Hamas. Ce qui, dit-on, «témoigne du manque de sérieux de l’Autorité palestinienne»… Le parti de Mahmoud Abbas a décidé, probablement, le report des élections à une date «après le retrait de la Bande de Gaza, des colonies et de Tsahal». Le Fatah espère, en effet, profiter du nouveau délai pour régler ses querelles internes et pour présenter une liste de candidats valables aux yeux des électeurs palestiniens.
Malgré la colère du Hamas dans sa violente réaction on ne peut s’attendre, selon l’analyste Dany Rubinstein du quotidien Haaretz, à une grave crise dans ses relations avec le Fatah. Certes, considère l’analyste, Mahmoud Abbas a violé l’accord du Caire, qui avait arrêté la date du 17 juillet prochain pour les élections parlementaires. En réalité, la direction du Hamas espère continuer à voir celle du Fatah «déchirée par des luttes internes donnant une image d’un parti en décomposition». Le Hamas demande, dans tous les cas, une compensation à son acceptation, dans divers domaines, et tout d’abord dans les relations avec Israël, pour consentir à reculer la date des élections.
La rencontre, à Tunis, avec Farouk Kadoumi, Président du Fatah, a obligé Mahmoud Abbas à franchir le pas, mais, aura ainsi provoqué, peut-être, son opération cardiaque à Amman… Farouk Kadoumi, certainement très sensible aux pressions considérables de la base du parti, a insisté pour l’ajournement de la date des élections qui risquaient, – étant trop précoce – , de se transformer en débâcle. Car, nombreux sont des militants du Fatah, depuis la mort du Président Yasser Arafat, qui pensent n’avoir plus «un véritable patron» capable de former la liste des candidats de leur parti, aux élections législatives. Dans leurs divergences, les chefs du parti ne seraient pas en mesure, craindraient-ils, de se mettre d’accord pour constituer une liste qui bénéficierait du soutien unanime des militants du Fatah. La nouvelle date n’a pas pu être fixée, entre Mahmoud  Abbas et Farouk Kadoumi. Elle sera, probablement, arrêtée pour le mois de novembre 2005, c’est-à-dire, avec un renvoi de quatre mois. Une réunion du Congrès du Fatah aura lieu, en août prochain. Soit, parallèlement, au retrait de l’armée israélienne (Tsahal) de la Bande de Gaza. En conséquence, le Hamas, comme les autres mouvements palestiniens, n’auront pas d’autre choix que d’accepter le changement de la date des élections palestiniennes…
Certains vont jusqu’à prétendre que le changement de la date des élections a été accepté sur un arrière-fond de l’affaiblissement de Mahmoud Abbas : les services de sécurité de Gaza seraient en rébellion contre lui et il souffre de problèmes de santé. Mais il n’en demeure pas moins, que le Président de l’Autorité palestinienne a été élu pour quatre ans. C’est le seul dirigeant légitime, reconnaît Dany Rubinstein, c’est le seul avec lequel il faut négocier. Il faut, donc, faire tous les efforts «pour en faire un partenaire à part égale dans la recherche d’une solution du conflit israélo-palestinien».
Il ne faut pas se poser la question : que faire en cas de victoire du Hamas, aux élections parlementaires ? La seule chose qu’il soit possible et indispensable de faire, dans tous les cas, est de voir les Israéliens construire des relations de confiance et de coopération avec Mahmoud Abbas (Abou Mazen).

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