Les Britanniques montent au créneau

«Le gouvernement ne doit pas rester inactif et silencieux tandis que les droits élémentaires des détenus britanniques sont bafoués par les Etats-Unis», a déclaré lundi Me Mark Muler, vice-président de l’Union des associations des barreaux britanniques (BHRC). Sur les 300 prisonniers actuellement présents sur la base de Guantanamo, figurent en effet cinq ressortissants du Royaume-Uni. Ni eux ni les autres anciens Taliban et membres présumés d’Al-Qaïda n’ont à ce jour pu voir un avocat, ce que le BHRC et la Law Society (qui regroupe 80.000 avocats anglais et gallois soucieux de la défense des droits de l’Homme) dénoncent vivement.
«Nous demandons un accès adéquat à un avocat pour les détenus», a ainsi affirmé le président de la Law Society David Mcintosh, accusant les autorités américaines de «dénier ce droit élémentaire aux détenus britanniques du camp» de Guantanamo.
Me Louise Christian, l’avocate de la mère d’un jeune prisonnier londonien de 22 ans, Feroz Abbasi, a d’ailleurs expliqué que les magistrats avaient écrit au Premier ministre Tony Blair et qu’ils iraient devant les tribunaux si le gouvernement ne répondait pas à ses inquiétudes. «C’est une question de jours », a ajouté l’avocate tout en soulignant que les textes des Nations Unies stipulent qu’un Etat peut être rendu responsable pour les actes d’un autre Etat «s’il aide sciemment à l’accomplissement d’un acte illégal».
Une position appuyée par les parents des détenus qui ont jugé lundi «illégale» la détention de leurs enfants, soupçonnant les autorités anglaises de «complicité» avec les Etats-Unis. «Je ne crois pas que mon fils ait fait quelque chose qui puisse justifier son emprisonnement, qui pour moi est illégal», a ainsi déclaré à la presse la mère de Feroz Abbasi. «Pour qu’il puisse bénéficier de ses droits, je demande qu’il soit rapatrié et je ne crois pas que Rumsfeld devrait y mettre des conditions», a-t-elle ajouté. Riasoh Ahmed, père d’un autre prisonnier britannique, Ruhal Ahmed, a pour sa part souligné que son fils était «détenu sans chef d’inculpation et privé de tous ses droits».Le 24 février dernier, lors d’un entretien avec le quotidien londonien Sunday Telegraph, le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld avait déclaré que les ressortissants britanniques pourraient être rapatriés si Londres acceptait de les poursuivre. Il avait aussi précisé que les Etats-Unis souhaitaient conserver le droit de pouvoir les interroger. Tous les détenus actuellement transférés sur la base américaine risquent d’être jugés par un tribunal militaire américain, et donc d’être condamnés à la peine capitale.
Le 12 février dernier, le pilote algérien Lofti Raïssi, soupçonné d’avoir formé quatre des pirates de l’air ayant participé aux attentats du 11 septembre, avait par contre été libéré sous caution par un tribunal britannique qui a jugé que les accusations portées contre lui par les Etats-Unis étaient non fondées.

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