Les diplomates de charme palestiniennes

Hanane Ashraoui, ancienne ministre, est membre du Parlement palestinien. Elle a pris une part importante dans les négociations préliminaires israélo-palestiniennes jusqu’à leur conclusion à Madrid en 1991. Elle soutient que jamais par le passé une armée d’occupation n’avait imposé un siège aussi total et asphyxiant contre l’ensemble d’une population tenue en otage, cette armée étant même passée au bombardement des maisons, à la destruction des infrastructures, à l’assassinat de ses militants et de ses dirigeants, à l’arrachage de ses cultures et de ses vergers, au meurtre délibéré de civils, à l’expropriation de ses terres. Et, à tout cela, souligne-t-elle, il faut ajouter par-dessus le marché qu’on demande à ses victimes d’acquiescer, comme des moutons, aux agissements du bourreau. Jamais auparavant avait-on vu dénier aux victimes le droit de formuler, puis de se voir reconnues, les atrocités horrifiantes commises contre elles en application d’une politique délibérée, tandis qu’elles étaient elles-mêmes stigmatisées du simple fait qu’elles étaient les victimes.
Sur le fait qu’Israël accuse le président Yasser Arafat d’encourager la violence, elle répond que « le cercle vicieux saute aux yeux : Arafat doit «contrôler» son peuple et lui «ordonner» de se calmer et d’accepter son esclavage et son oppression par les Israéliens, sous peine de ne plus être un «partenaire de paix» et de ne plus pouvoir être considéré comme un «dirigeant», «leader». Et, en même temps, ajoute-t-elle, Israël ne peut traiter avec Arafat, ni avec les Palestiniens, car ils sont intrinsèquement «non-démocratiques» et n’ont, par conséquent, rien en commun avec des démocraties aussi «civilisées» qu’Israël et les États-Unis…
Depuis Paris, où elle représente l’Autorité palestinienne, Leïla Shahid se bat sur trois fronts: la création d’un Etat palestinien, le droit des femmes et une coexistence pacifique au coeur de la civilisation méditerranéenne.
Née à Beyrouth en 1949, elle s’engage avec Yasser Arafat dès 1969. Arrivée à Paris en 1974, elle devient vingt ans plus tard la déléguée de la Palestine en France. Porte-parole très médiatisée de l’Autorité palestinienne, Leïla Shahid doit mener deux combats de front. Le premier, discret, consiste à entretenir des relations suivies avec la France et l’Union européenne pour défendre les droits politiques du peuple palestinien. Le second est au contraire public, médiatique et vise à rétablir certaines vérités. Car de tous les problèmes de politique internationale, la question palestinienne est sans doute celle qui a été soumise à la désinformation la plus massive et la plus durable. Bouleversée par la guerre de 1967, qui a éclaté le jour où je devais passer son bac, le 5 juin.
Les épreuves ont été annulées. Lorsqu’au bout de six jours, elle réalise que toutes les armées arabes -syrienne, égyptienne, jordanienne- avaient perdu face à la seule armée israélienne, le choc a été terrible. Elle pensait que la communauté internationale serait sensible à l’injustice et à l’exil imposés aux Palestiniens, qu’elle les soutiendrait. «Au contraire, elle a applaudi à la victoire israélienne». Elle, réagit en s’impliquant dans l’action politique. Ensuite, elle part en France faire des études d’anthropologie. Elle y rencontre et se marie avec le jeune Mohammed Berrada, qui deviendra écrivain et poète, et ils partent vivre au Maroc. En 1989, le président Arafat lui demande de représenter l’OLP en Irlande. Puis il l’envoie aux Pays-Bas et finalement en France.

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