Les électeurs hispaniques peuvent être décisifs

Le candidat démocrate Barack Obama, favori des sondages, a enregistré trois annonces de campagne entièrement en espagnol, une grande première pour un candidat à la présidentielle, selon son conseiller Bill Richardson, gouverneur du Nouveau-Mexique (sud-ouest). Les spots télévisés, de 30 secondes chacun, sont destinés à cinq Etats-clés à forte population hispanique (Nouveau-Mexique, Colorado, Floride, Nevada et Virginie). Ces Etats sont aussi des «swing states», c’est-à-dire qu’ils ne sont en principe acquis à aucun parti et peuvent faire basculer le scrutin. Les Latinos sont par le nombre la minorité la plus importante aux Etats-Unis avec 45,5 millions de personnes, soit 15% de la population, contre 12% pour les Noirs. Selon les sondages, les électeurs d’origine hispanique penchent nettement en faveur du démocrate. En 2004, ils avaient voté à 44% pour George W. Bush mais ils n’étaient à l’époque que 7,6 millions d’électeurs. Le républicain John McCain reproche à son rival de ne jamais s’être rendu en Amérique Latine, alors que lui y est allé à plusieurs reprises. En juillet, il avait ainsi visité la Colombie et le Mexique pour marquer sa différence avec son rival en matière de commerce et de politique étrangère, mais aussi pour gagner les faveurs des électeurs hispaniques. Les Hispaniques sont surtout inquiets de la situation économique du pays, plongé dans la pire crise économique et financière depuis les années 1930, mais aussi par la guerre en Irak, le système de santé et l’éducation, estime M. Mursulli. Mais le sujet qui «identifie électoralement» les Hispaniques est celui de l’immigration, estime-t-il. La question d’une réforme de la loi sur l’immigration, très présente dans les campagnes républicaines et démocrates lors des primaires, a été éclipsée par les deux candidats dans la dernière ligne droite. «Une question que devra toutefois aborder le prochain président», estime M. Mursulli. L’aile républicaine la plus dure du Congrès s’est opposée à deux reprises en 2006 et 2007 à cette réforme qui aurait permis la légalisation des quelques 12 millions de sans papiers vivant aux Etats-Unis.


• Mauricio Rabuffetti (AFP)

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