Les enfants de Betancourt découragés

Les enfants de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, Mélanie et Lorenzo, ont exprimé jeudi à Paris leur découragement alors que leur mère a passé le cap des 2.000 jours de captivité aux mains des FARC et qu’ils ne parviennent pas à obtenir des preuves de vie.  Ils ont appelé la France à passer désormais par les Etats-Unis, seuls à même, selon eux, de faire pression et de convaincre le président colombien Alvaro Uribe d’accepter un accord humanitaire pour la libération des otages.
 «Deux mille jours, on n’aurait jamais cru qu’on en arriverait là et surtout qu’on devrait endurer quatre ans et demi sans aucune nouvelle de maman»,  a déclaré à la presse Mélanie Delloye, âgée de 22 ans.  «Ce qui est terrible pour nous, c’est d’avoir cette impression de remuer ciel et terre et, quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise, quelle que soit l’intensité de nos efforts, ils ne nous écoutent pas», a-t-elle ajouté. De son côté, son frère Lorenzo, 19 ans, a dit que l’attente devenait «insupportable». «Tout ce qu’on demande depuis plus de quatre ans, c’est une preuve de vie de maman d’abord. Qu’on ait véritablement une preuve d’elle vivante, une preuve par vidéo», a-t-il dit, en ajoutant : « Pour continuer la lutte on a besoin de cette preuve».
«Aidez-nous à crier haut et fort, à demander aux FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie, guérilla marxiste) d’être humains pendant deux secondes et de nous donner une preuve de vie de maman», a renchéri Mélanie. «On a déjà fait cette demande tellement de fois. On a l’impression de ne pas être écoutés. On ne sait plus quoi faire pour qu’ils nous entendent».
Leur père, Fabrice Delloye, a expliqué que la famille et les proches d’Ingrid se trouvaient « face à deux intransigeances, celle des FARC qui veulent un accord humanitaire dans des conditions extrêmement difficiles à obtenir et celle du président Uribe, qui ne veut pas entendre parler d’accord». «La seule solution, ce sont les Etats-Unis», a-t-il dit. «Il nous semble absolument prioritaire que les Etats-Unis, avec l’aide de la France, fassent partie du processus». «L’engagement très fort de la part du président Sarkozy devra passer, à un moment donné, par l’aide des Etats-Unis», a assuré également Mélanie. «Sans la pression des Etats-Unis on n’arrivera pas à convaincre le président Uribe», a-t-elle poursuivi.
 Elle a rappelé que Washington avait «une influence gigantesque en Colombie» et que trois otages américains étaient «dans la jungle colombienne depuis très longtemps aussi». Nicolas Sarkozy a obtenu début juin du président Uribe la libération de Rodrigo Granda, un responsable des FARC. Mais Granda est parti le 18 juin pour Cuba et aucun geste à la hauteur de cette libération n’est venu de la part des FARC.  Une vingtaine de manifestations étaient organisées pour Mme Betancourt en France et dans le monde, selon la Fédération internationale des comités de soutien à la Franco-colombienne. Le chanteur français Renaud a déployé un portrait de la captive sur le Mont Ventoux (1.912 mètres) dans le sud de la France.
 Ingrid Betancourt a été enlevée le 23 février 2002 alors qu’elle se trouvait à plus de 600 km au sud-est de Bogota, dans le cadre des élections présidentielles, en compagnie de Clara Rojas, sa directrice de campagne pour le parti des Verts.

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