Les Etats-Unis aux commandes

Si les Etats-Unis s’attaquent au régime irakien, c’est d’abord pour répondre aux exigences de leur croissance économique interne et renforcer leur main-mise sur le pétrole.
Qui peut peser sur la production pétrolière du Moyen-Orient, peut orienter le système pétrolier mondial, sa production et ses prix. Ce n’est donc pas un hasard si l’Amérique régente l’ensemble des réseaux qui dominent l’or noir depuis un demi-siècle et s’implique chaque jour plus dans les luttes d’influence entre pays producteurs depuis la découverte du pétrole. Le contrôle du Moyen-Orient, qui concentre les plus grandes réserves connues, représente un intérêt crucial pour les Etats-Unis qui absorbent plus du quart de la consommation mondiale alors que leur propre production ne cesse de chuter, ce qui permet de mieux comprendre leur volonté de s’emparer des puits irakiens. Pour Washington, la maîtrise du pétrole doit non seulement satisfaire ses besoins de croissance interne mais également être un instrument de contrôle de la croissance des régions concurrentes, comme l’Europe et la Chine.
Aujourd’hui, il n’y a aucun contrepoids à la superpuissance, désormais en oeuvre, des Etats-Unis dans le monde. L’entreprise de colonisation du pétrole irakien peut donc aboutir librement, sans coup férir, malgré les risques encourus par les populations occidentales, de terrorisme et de vengeance qui en découlerait. C’est pourquoi, l’Administration américaine fera sa guerre à l’Irak. Elle maintient la pression sur Saddam Hussein et a dépêché des inspecteurs militaires en Turquie pour prospecter des aéroports et des ports qui pourraient être utilisés contre Bagdad. Les Etats-Unis proposent aussi aux inspecteurs en désarmement de l’ONU des avions espions pour mieux contrôler l’espace irakien. Les Américains mettent à leur disposition un avion espion U-2 et un avion de reconnaissance sans pilote « Predator» qui voleront sous l’égide de l’ONU.
Sur le plan diplomatique, le Conseil de sécurité a discuté, à huis clos, du calendrier des inspections onusiennes. Ce débat pourrait faire perdre aux Etats-Unis l’initiative du déclenchement d’une frappe.
Bien que technique, le débat s’avère houleux. Les chefs des inspecteurs et le secrétaire général des Nations Unies ainsi que plusieurs pays européens affirment que les experts en désarmement avaient besoin de plus de temps pour finaliser leur mission.
Alors que le Président George Bush ne cesse de clamer son impatience. «J’en ai marre des manoeuvres et des tromperies de Saddam Hussein», répète-t-il. Par ailleurs, les Etats-Unis ont formellement demandé un soutien de l’OTAN en perspective de la guerre, sans impliquer d’engagement militaire direct de l’Alliance. Cette démarche se heurte à l’opposition de nombreux alliés qui ont clairement affiché leur refus de l’option militaire.

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