Les GI’s ratent Ezzat Ibrahim

Les GI’s ratent Ezzat Ibrahim

Les forces américaines ont lancé une vaste opération à Kirkouk (Nord) pour tenter, mais en vain, de mettre la main à l’ancien bras droit de Saddam Hussein. Ezzat Ibrahim Al-Douri, l’homme le plus recherché par la coalition après Saddam Hussein et que les Américains soupçonnent de financer les attaques contre la coalition, «n’a pas été capturé dans ce raid», a confirmé le commandant Doug Vincent après des rumeurs faisant état de l’arrestation d’un haut responsable. L’opération impliquait 1 200 soldats. Les forces américaines cherchaient quelqu’un «qui avait des relations proches avec» Ezzat Ibrahim, a affirmé un autre officier. Le chef de la police de Hawija, dans la région de Kirkouk, a toutefois annoncé hier soir l’arrestation, par l’armée américaine dans sa ville, du secrétaire personnel de Ezzat Ibrahim, Saâd Mohammed Al-Douri. Il se trouvait en possession de 40 000 dollars au moment de son arrestation. Il pourrait être une des sources de financement des combattants anti-américains. Les forces d’occupation auraient également arrêté un général de l’ancienne armée irakienne et trouvé à son domicile une cache d’armes et des plans d’attaques contre les forces US. Un membre du Conseil de gouvernement transitoire irakien avait plutôt affirmé à la télévision «Al-Jazira» qu’une grande personnalité de l’ancien régime avait été «tuée ou capturée» et dont l’identité était en cours de vérification. Pendant douze heures, les entrées et sorties de Kirkouk étaient contrôlées par l’armée américaine, a précisé un porte-parole. La police irakienne ne participait pas à ces perquisitions, mais indiquait aux Américains les lieux où il fallait mener ces perquisitions. Une récompense de 10 millions de dollars pour la capture de Ezzat Ibrahim a été offerte par les Américains, qui l’accusent de coordonner les attaques anti-américaines en Irak. Par ailleurs, la polémique sur le bilan des opérations de dimanche se poursuivait hier. Alors que les forces de la coalition avaient annoncé la mort de 54 combattants irakiens tout en reconnaissant n’avoir vu aucun corps, un représentant de la guérilla irakienne annonçait hier qu’il n’avait recensé que deux morts dans ses rangs. Deux sénateurs américains en visite à Damas ont estimé, pour leur part, que les ressources allouées pour la reconstruction de l’Irak pourraient se révéler insuffisantes et ont dit souhaiter donner un rôle aux Nations Unies. Tout en se félicitant du travail accompli les sénateurs se sont inquiétés des ressources allouées, jugées insuffisantes. Sur le plan diplomatique, le Secrétaire d’État américain Colin Powell a estimé que la possibilité de confier à l’Otan la charge d’une division internationale en Irak, évoquée au sein de l’Alliance atlantique à Bruxelles, était pour l’instant une simple «idée». «Ce n’est rien de plus qu’une option et une idée qui est sur la table», a déclaré M. Powell lors d’un bref point de presse. À Bruxelles, le Secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a indiqué que les pays de l’Otan ayant des soldats en Irak aux côtés des États-Unis se sont engagés à y rester malgré la récente série d’attaques meurtrières contre des membres de la coalition. Par ailleurs, la première rencontre du «groupe de contact» sur l’Irak mis en place par le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan a donné l’occasion «d’une bonne discussion sur une base informelle», a déclaré l’ambassadeur des États-Unis à l’ONU. Dans le même registre, Kofi Annan a qualifié d’indispensable le rôle dirigeant joué dans les affaires mondiales par les Etats-Unis qu’il a appelé à faire preuve d’une grande responsabilité. «À l’évidence, un rôle dirigeant est indispensable. Les Etats-Unis sont la seule superpuissance restante et avec ce pouvoir, vient une grande responsabilité, a-t-il ajouté, précisant que «le rôle dirigeant joué par les Etats-Unis est de plus en plus accepté internationalement. Ce rôle sera plus admiré que subi qu’il sera efficace, s’il s’exerce dans un cadre multilatéral, s’il se fonde sur le dialogue et la construction patiente d’alliances par la diplomatie et s’il vise à renforcer le respect de la loi dans les affaires internationales».

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