Les Libanais rassemblés pour commémorer Rafic Hariri

Des centaines de milliers de partisans de la majorité parlementaire antisyrienne ont envahi jeudi le centre de Beyrouth quadrillé par l’armée pour marquer le 3e anniversaire de l’assassinat de l’ancien dirigeant Rafic Hariri, sur fond de grave crise politique au Liban.
Cette mobilisation se déroule dans un climat de grande tension avec l’opposition appuyée par Damas et emmenée par le Hezbollah chiite qui a organisé  de son côté dans la banlieue sud de Beyrouth les obsèques d’Imad Moughnieh, un homme clé du mouvement assassiné mardi à Damas.
À l’appel de la majorité, une déferlante de manifestants brandissant des drapeaux libanais et des portraits de Rafic Hariri avait  convergé sous la pluie vers la Place des Martyrs, placée sous très haute sécurité par la police et l’armée. Selon les organisateurs, des centaines de milliers de personnes ont envahi la Place des Martyrs et les rues avoisinantes. Les manifestants scandaient des slogans réclamant l’élection d’un président de la République. Le Liban, qui connaît sa crise la plus grave depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), est sans président depuis fin novembre en raison de profondes divergences entre la majorité et l’opposition qui n’arrivent pas à s’entendre sur la répartition du pouvoir au sein du futur gouvernement. Une séance parlementaire pour élire le président est prévue le 26 février après 14 reports.
Les manifestants se sont rassemblés en face d’une statue de l’ancien Premier ministre qui a été inaugurée devant l’hôtel Saint-Georges, où s’était produite le 14 février 2005 l’explosion de la voiture piégée qui avait tué Rafic Hariri et 22 autres personnes et suscité une mobilisation sans précédent des Libanais contre la présence militaire syrienne au Liban.
 Des soldats quadrillaient le centre de Beyrouth et une enceinte de fer a été installée sur la Place des Martyrs pour séparer les partisans de la majorité de ceux de l’opposition qui y tiennent depuis plus d’un an un sit-in dans des tentes.

• Rita Daou (AFP)

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