Les Marines, au milieu du désert Afghan

La seule manifestation ennemie s’est présentée au premier jour de leur mission, le 26 novembre, sous la forme d’une colonne de 15 véhicules blindés qui s’est approchée de leur base baptisée «Camp Rhino». La réaction violente de deux hélicoptères d’attaque Cobra et d’un F-14 de la marine a assuré depuis la tranquillité des Marines, dont le nombre a atteint plus d’un millier, selon le Pentagone à Washington. Arrivés en plusieurs vagues de deux navires qui mouillent dans la mer d’Oman, les Marines se sont installés dans un camp militaire doté d’une piste d’atterrissage, anciennement sous contrôle taliban, et fortifié. Ils y forment la plus grande concentration de troupes américaines en Afghanistan depuis le début de la guerre le 7 octobre. Les marines, commandés par le général James Mattis, se sont déployés avec des tonnes d’équipement et d’armes, dont des hélicoptères, des blindés, des armes anti-chars et des mortiers. Des avions de transport C-130 et d’imposants gros-porteurs C-17, supposés amener des renforts et apporter au contingent déjà en place des armes et de la nourriture, atterrissent à un rythme soutenu sur la piste de fortune. En vertu des règles imposées par le Pentagone, les journalistes sur place ont interdiction de faire part de l’identité de ces troupes, et du lieu précis du déploiement des marines. Les porte-parole de ces derniers ont d’ailleurs refusé d’évoquer les missions de reconnaissance des Marines, dans les airs, avec les hélicoptères Huey et Cobra, comme au sol, avec les patrouilles menées à l’aide de véhicules blindés. Mais il est acquis qu’aucune confrontation n’a eu lieu avec les Taliban depuis lundi, suggérant que ces derniers ont beaucoup perdu de leur contrôle dans la région. La mission des troupes américaines est d’ailleurs d’intensifier la pression sur le dernier bastion des talibans, retranchés à Kandahar. Selon le commandant de l’opération « Liberté immuable », le général Tommy Franks, et le secrétaire américain à la défense, Donald Rumsfeld, les Marines doivent interdire toute éventuelle fuite des Taliban ou des membres du réseau Al-Qaïda d’Oussama Ben Laden. Ils doivent aussi favoriser les contacts avec les dirigeants patchounes en conflit depuis peu avec les Taliban. Pour des raisons politiques et diplomatiques, l’Administration Bush a refusé de qualifier de force d’occupation la présence des Marines sur ce camp afghan. Sur place, il est toutefois évident que les Marines se sont réellement ancrés sur le terrain et sa région.

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