Les Non-alignés s’opposent à la guerre

Le 13 è Sommet des pays Non-alignés s’est ouvert hier à Kuala Lumpur, capitale de Malaisie. Dans son discours d’ouverture, le Premier ministre malaisien Mahatir Mohamed a dénoncé Israël comme principal source d’encouragement au regain du terrorisme dans le monde, car les extrémismes religieux ne font que réagir à la «différence flagrante» de traitement des dossiers irakien et palestinien par l’Occident.
Il a estimé que la guerre contre le terrorisme, engagée par les Etats-Unis avait dégénéré en croisade contre les nations non-occidentales : «Depuis le 11 septembre, les riches et les puissants s’acharnent contre la moitié pauvre du monde. Leurs mesures extrêmes pour assurer leur propre sécurité n’ont fait qu’amplifier la colère des pauvres oppressés», a-t-il ajouté. «Les deux poids deux mesures, c’est ce qui rend les Musulmans furieux au point de perpétrer des attentats terroristes. Si l’Irak est lié à Al-Qaïda, ne serait-il alors pas logique de lier les expropriations des terres palestiniennes et l’oppression du peuple palestinien avec les attentats du 11 septembre?», a rappelé le chef du gouvernement de Malaisie qui a pris hier la présidence des 114 pays qui composent ce mouvement, succédant au Président sud-africain, Thabo Mbeki. Alors que les risques d’une guerre en Irak grandissent, les Non-alignés continuent de croire à une issue pacifique à cette crise.
La résolution qu’ils doivent adopter aujourd’hui à l’issue de leur sommet, tout en insistant sur la nécessité pour Bagdad de coopérer activement avec les inspecteurs en désarmement de l’ONU, rejette toute action militaire unilatérale des Etats-Unis. Alors que dimanche, Bagdad avait laissé espérer un règlement de la question des missiles prohibés dont les nations unies avaient ordonné la destruction, le chef de ces inspecteurs Hans Blix vient de déclarer n’accorder aucune crédibilité au régime irakien. La crainte d’une action militaire américaine en Irak entretenue par les Non-alignés est celle de voir l’Administration Bush se lancer dans d’autres guerres contre les régimes qui ne répondent pas à sa propre conception des Etats et des gouvernements. Les déclarations de Richard Perle, conseiller influent au Pentagone, ne passent pas inaperçues. Selon lui, «l’expérience irakienne sera un prélude à des réformes dans le Moyen-Orient. J’espère que le Président Bachar Al-Assad envisagera des réformes sinon (il se dira) je pourrais être la seconde cible». Mohamed Mahatir, Premier ministre de Malaisie, a décrypté cette déclaration en affirmant devant 100.000 manifestants contre la guerre : «s’ils réussissent en Irak, je suis sûr qu’ils porteront leur attention ensuite sur l’Iran et après sur la Corée du Nord. Après la Corée du Nord, qui sera leur prochaine victime?». Ces craintes sont partagées par l’Iran qui redoute que les Etats-Unis remodèlent la géopolitique du Moyen-Orient. Le chef de la diplomatie iranienne, Kamal Kharrazi, indique que son pays va déployer des troupes le long de self-contrôle avec l’Irak pour parer à toute éventualité. «Nous désapprouvons le plan des Etats-Unis de remodeler le Moyen-Orient. C’est là la tâche des peuples de la région, et non de puissances extérieures. Le statut quo est préférable pour nous à la situation imprévisible qui découlera d’une guerre»,a-t-il estimé.
Sur un autre plan, l’Administration Bush intensifie ses préparatifs diplomatiques pour arracher au Conseil de Sécurité le vote d’une deuxième résolution sur l’Irak, avant le nouveau rapport des inspecteurs du désarmement de l’Irak, le 7 mars prochain. De source diplomatique française, on indique que ce projet d’une seconde résolution qui ouvrirait la voie à une intervention armée, devrait être présentée hier lundi.
Les Etats-Unis ne sont toutefois pas certains, pour l’instant du moins, d’obtenir la majorité de neuf membres du Conseil de sécurité nécessaire à l’adoption de leur texte. Aucun membre permanent ne doit, en outre, user de son droit de veto.
Dans le cadre de leur déploiement militaire autour de l’Irak, les Etats-Unis se sont rapprochés d’un accord avec la Turquie sur l’utilisation de son territoire et l’ouverture du front Nord. Mais, des sources turques précisent que certains points concernant le contrôle des villes irakiennes du Nord et les gisements pétroliers, autour de Kirkouk et de Mossoul, restaient en discussion.

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