Les nouveaux corsaires de la corse

Les nouveaux corsaires de la corse

La privatisation de la compagnie de ferries, la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM) a provoqué de violentes réactions de la part des syndicats opposés à ce projet. Un véritable crash des titans a eu lieu. Des heurts violents ont opposé à Bastia, en Corse, les Forces de l’ordre et des manifestants qui protestaient contre cette privatisation. À Marseille où le conflit a débuté, le syndicat CGT du plus grand port de France, a décidé de faire une grève paralysant ainsi le port. La même jour, le "Pascal-Paoli" un navire de la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM) a été détourné par des marins du Syndicat des travailleurs corses (STC, natinaliste) contraignant les officiers du bâtiment à appareiller vers la Corse. Mardi soir, les marins ont fait savoir qu’ils n’accosteraient pas à Bastia mais resteraient au large. «SNCM : l’affaire se corse»,  titre en Une le quotidien La Provence. «Le drapeau noir flotte sur la SNCM» titre également en Une Libération. Le conflit s’est envenimé, la mutinerie est politiquement délicate pour le Premier ministre confronté à son premier conflit d’importance. Son gouvernement cafouille, écrit le quotidien, si bien que pirates et grévistes ont déjà fait reculer Perben, le ministre des Transports qui a dû revenir partiellement en arrière sur la question de la privatisation.
Il convient de sortir du piège et à tout prix, estime Le Figaro. «Et c’est bien cette impression de sauve-qui-peut que donne l’Etat dans la gestion de ce dossier de la Société nationale Corse méditerranée qui, après avoir échoué dans son rôle d’actionnaire, pourrait rater aujourd’hui sa sortie. Un Etat dont l’autorité même, dans ce dossier, n’a cessé d’être flouée», poursuit le quotidien.
Dans le naufrage de la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM), l’Etat fait une démonstration d’irresponsabilité, de couardise et enfin d’inconséquence, commente pour sa part l’éditorialiste du quotidien Le Monde.
Face à cette situation critique et afin de reprendre le contrôle du cargo détourné par des militants du (STC), le Premier ministre Dominique de Villepin a donné l’ordre, mercredi au préfet maritime de Méditerranée d’intervenir. Aux grands maux, les grands remèdes. Des commandos héliportés du GIGN et de la Marine ont donné l’assaut le même jour vers 8H35 au navire détourné alors qu’il effectuait une manœuvre pour tenter de rentrer dans le port.
Des cordes ont été lancées depuis cinq hélicoptères sur le pont supérieur du bâtiment et des hommes vêtus de noir, encagoulés, en sont descendus en rappel et se sont engouffrés dans le navire, un des fleurons de la SNCM (Société nationale Corse-Méditerranée), rapporte l’AFP. Quelques minutes après l’arrivée des commandos à bord, le Pascal Paoli a pris immédiatement le large et s’est immobilisé à environ un kilomètre du port, survolé par deux hélicoptères. Il est ensuite reparti vers le continent.
L’assaut «s’est déroulé dans le calme», a précisé un journaliste de France 3 Corse présent à bord. Selon lui, il n’y a pas eu de résistance de la part des marins qui avaient été mis en joue avec des armes de poing et des pistolets-mitrailleurs. Nicolas Sarkozy a, pour sa part, félicité le GIGN qui a donné l’assaut à l’entrée du port de Bastia. Le ministre de l’Intérieur a parlé d’une "intervention rapide et efficace". «Nous avons récupéré un outil de travail qui appartient à la Corse et nous le rendons à la Corse,» avait expliqué après le coup de force le leader du STC-Marins, Alain Mosconi, deuxième syndicat à la SNCM, loin derrière la CGT pour expliquer ce coup de force spectaculaire et exceptionnel dans le monde maritime.

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