Les sanctions de l’UE contre le nucléaire fermement dénoncées

L’Iran a fermement dénoncé mardi les nouvelles sanctions décidées par l’Union européenne contre son programme nucléaire, affirmant que l’approche «contradictoire» des Occidentaux pourrait affecter les récents efforts diplomatiques pour régler la crise nucléaire.
«L’approche illégale, discriminatoire et contradictoire (de l’UE) alors que sont étudiées des propositions (de règlement de la crise) est sans valeur et est fermement dénoncée», a dit le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Mohammad Ali Hosseini, dans un communiqué transmis à l’AFP.
De telles mesures «gaspillent les opportunités des Européens et ne créent pas un climat propice pour régler les problèmes par des voies diplomatiques», a ajouté M. Hosseini. L’UE a adopté lundi des mesures contre notamment la plus grande banque d’Iran, Melli, en gelant ses avoirs et en interdisant ses opérations en Europe. Vingt Iraniens et quinze entités iraniennes sont aussi visés par des mesures similaires, avec des interdictions de visa pour voyager dans l’UE ou des gels de leurs avoirs. Ces mesures, comme toutes celles adoptées dans le cadre de l’ONU depuis 2006, visent à contraindre l’Iran de suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium, dont la communauté internationale craint qu’elle n’alimente un programme de fabrication de l’arme atomique. Les propositions mentionnées par M. Hosseini sont une référence à une nouvelle offre de coopération des grandes puissances à l’Iran en échange d’une suspension de son enrichissement d’uranium, ainsi qu’à un «paquet» de propositions iraniennes pour régler les «problèmes du monde».
Le chef de la diplomatie de l’UE Javier Solana a présenté l’offre des grandes puissances à Téhéran le 14 juin. L’Iran n’y a pas encore répondu mais de nombreux responsables ont exclu toute suspension de l’enrichissement. Le négociateur nucléaire iranien, Saïd Jalili, a simplement déclaré dimanche que les responsables du pays examinaient le «calendrier» présenté par M. Solana pour reprendre les négociations sur le nucléaire. Dans la lettre accompagnant l’offre des grandes puissances, les ministres des Affaires étrangères du groupe 5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne ainsi que l’Allemagne) précisent très clairement que la suspension de l’enrichissement d’uranium est la condition pour commencer des négociations formelles. M. Hosseini a également dénoncé ce qu’il a appelé «la politique du bâton et de la carotte (qui) n’aura aucun effet sur (…) la volonté du peuple iranien de maîtriser les technologies nouvelles et réaliser ses droits absolus» en matière nucléaire. Il a affirmé que les sanctions européennes ne feront que «renforcer la volonté du peuple et du gouvernement iraniens pour défendre leurs droits absolus». Les Etats-Unis, qui n’ont jamais écarté une option militaire, ont salué lundi le durcissement des sanctions décidées par l’UE contre l’Iran.

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