Les socialistes stigmatisent les régressions de Sarkozy

L’occasion était  trop belle pour la laisser filer sans la marquer d’une pierre blanche. La célébration d’une année au pourvoir de Nicolas Sarkozy que les médias français mystifient à coup de suppléments sulfureux, de numéros spéciaux étincelants est une occasion rêvée pour le Parti socialiste français de tenter de reprendre la main et de plomber définitivement le président de la république.
Encouragé dans sa stratégie par une permanence dans le désamour français pour Nicolas Sarkozy comme les instituts de sondage les plus bienveillants ne cessent de le montrer, le parti socialiste français vient de lancer une campagne nationale dont le but est de stigmatiser l’action et les choix présidentiels. Ses principaux leaders se sont livrés à un concours de petites phrases assassines à l’encontre de Nicolas Sarkozy.
Ségolène Royal constate froidement qu’«au lieu d’être le président du pouvoir d’achat, Nicolas Sarkozy est devenu le président de la régression sociale». François Hollande, le toujours premier secrétaire se lamente : «c’est le président du gâchis. Il a gaspillé 15 milliards d’euros en exonération et en cadeaux fiscaux» et raille le passage du «bling bling au couac couac»  faisant référence aux nombreuses dissonances gouvernementales. Tandis que Razzye Hammadi, secrétaire national chargé de la riposte décrit la situation  d’une «France en urgence sociale» après un an de Nicolas Sarkozy : «Aujourd’hui, il y a des Français qui se posent la question s’ils doivent se soigner ou remplir leur frigo». Et c’est au porte parole des députés PS à l’Assemblée Aurélie Filippetti de résumer l’atmosphère générale : «Je crois que pour les Français, c’est un triste anniversaire, c’est celui des désillusions parce que Nicolas Sarkozy ça a été ça, les trois D en quelque sorte : désir, désillusion, déception».
Bien entendu, ces attaques ne sont pas restées sans réponse. Nicolas Sarkozy a mobilisé ses plus efficaces porte-flingues pour porter la riposte. Pour Xavier Bertrand, le prometteur ministre du Travail et coqueluche assumée de l’Elysée : «Nicolas Sarkozy, c’est un an d’action et le PS un an d’agitation (…) Au lieu de se lancer dans le concours de caricatures, les socialistes feraient mieux de se mettre au travail. En un an je n’ai pas entendu une idée nouvelle». Tandis que Patrick Devedjian, secrétaire général de l’UMP fait dans la surenchère : «Moi je préfère le couac-couac, qui est en fait la liberté, au plan-plan, qui est l’attitude des gens qui ne font rien». Et d’enfoncer François Hollande en appuyant là où cela devrait en principe faire mal : «ça lui va bien! Après dix ans d’exercice au Parti socialiste, qu’est-ce que c’est la gauche aujourd’hui? C’est la gauche plan-plan. Elle n’a aucun projet, aucune réforme».
Même si les socialistes semblent mobiliser toutes leurs énergies pour tenter de capitaliser la frustration sociale rendue plus visible à l’occasion d’une année de Nicolas Sarkozy au pouvoir, l’écho de leur démarche semble avoir un diamètre limité. Une des principales raisons n’est ni la construction de l’offensive rendue politiquement adéquate par le climat social délétère et l’atmosphère d’improvisation dans l’action gouvernementale, ni la détermination d’affaiblir l’adversaire.
La vraie raison de cet état de fait a un rapport direct avec l’ambiance de fin de règne et de succession ouverte que couve le Parti socialiste depuis la défaite de sa championne aux présidentielles. Et un an plus tard, deux personnalités semblent décidées à se lancer à la conquête du PS. D’abord le maire de Paris, Bertrand Delanoë, chouchouté par les sondages et qui s’apprête à publier le 22 mai un livre d’entretien avec le patron de «Libération» Laurent Joffrin  intitulé «De l’audace». Un titre qui rappelle étrangement le livre du candidat démocrate américain à la candidature Barack Obama «The audacity of Hope» publié juste avant de croiser le fer avec l’autre démocrate Hilary Clinton.  Ensuite il y a l’incontournable Ségolène Royal qui piaffe d’impatience de prendre sa revanche sur Nicolas Sarkozy et qui sait que pour réaliser ce dessein, il lui faut absolument prendre le contrôle du Parti socialiste dont le soutien lui avait fait tant défaut… il y a tout juste un an.
 

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