Les talibans fixent un délai aux hommes pour se faire pousser la barbe

Un chef taliban des zones tribales du nord-ouest du Pakistan, bastions d’insurgés proches d’Al Qaïda, a donné deux mois aux hommes pour se faire pousser une barbe conforme selon lui aux préceptes de l’islam, ont indiqué lundi des habitants. Les incidents et les meurtres se multiplient ces derniers mois dans ces zones proches de la frontière afghane où les talibans veulent instaurer la charia (la loi islamique) la plus radicale, et où l’armée est régulièrement débordée par des combattants islamistes proches du réseau d’Oussama Ben Laden, qui y a reconstitué ses forces selon Washington. « Les hommes doivent se faire pousser la barbe et cesser de se raser dans les deux mois qui viennent ou ils seront sévèrement punis » a ordonné dimanche soir à la foule le maulvi (dignitaire religieux) Faqir Mohammad, réputé être l’un des principaux chefs talibans pakistanais, dans la ville de Khar, le chef-lieu du district tribal de Bajaur, ont rapporté des habitants à l’AFP. Mohammad est le vice-commandant du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), ou Mouvement des Talibans du Pakistan du chef tribal Baïtullah Mehsud, présenté par Islamabad comme le chef d’Al Qaïda au Pakistan. La barbe était strictement obligatoire sous le régime des talibans dans l’Afghanistan voisin de 1996 à 2001. Depuis qu’ils ont été chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition emmenée par l’armée américaine, les talibans afghans et les combattants d’Al Qaïda qu’ils hébergeaient ont constitué des bases arrières dans les zones tribales du Pakistan, soutenus par des tribus fondamentalistes. Le nouveau gouvernement issu des législatives du 18 février a rompu avec la stratégie militaire du président Pervez Musharraf, allié-clé de Washington dans sa «guerre contre le terrorisme», et mène depuis un mois des négociations avec les extrémistes pour un accord de paix. Les zones tribales pakistanaises sont en proie à une « talibanisation » rampante, les expéditions punitives de combattants radicaux armés n’étant pas rares contre les barbiers, les boutiques de vidéo et de musique ou tout autre activité « anti-islamique ».

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