Les USA découvrent le calvaire palestinien

William Burns, le secrétaire d’Etat adjoint américain chargé du Proche-Orient a affirmé que «le problème humanitaire et les humiliations quotidiennes dont souffrent les Palestiniens ordinaires s’aggravent de jour en jour». «Il y a eu trop de souffrances et trop de morts pour les deux, israéliens et palestiniens», a-t-il déclaré à la presse à l’issue d’un entretien avec le président égyptien Hosni Moubarak.
L’Egypte a accusé à plusieurs reprises le premier ministre Ariel Sharon de chercher un règlement militaire, et non politique, à la crise avec les Palestiniens. Les incursions sont quasi-quotidiennes.
Mais la coalition de «colombes» et de «faucons» qui gouverne Israël demeure divisée quant à la stratégie à adopter pour mettre fin au conflit. Les Travaillistes comme le chef de la diplomatie Shimon Peres et le ministre de la Défense Benyamin Ben Eliezer semblent prêts à restituer leurs territoires aux Palestiniens, tandis que le Likoud de Sharon est plutôt partisan de la ligne dure.
M. Burns a ajouté qu’ «il est temps pour nous tous de faire de grands efforts pour restaurer un sentiment d’espoir », en ajoutant toutefois : «nous n’avons aucune illusion concernant les difficultés que cela implique, ce sera très, très difficile». Le responsable américain a entamé par l’Egypte une tournée régionale destinée à promouvoir une stratégie en «trois volets» proposée par le président américain George Bush pour mettre un terme à 20 mois de violence israélo-palestinienne et réactiver les négociations pour un règlement définitif du conflit. Le responsable américain était arrivé mercredi au Caire, où il s’était entretenu avec le chef de la diplomatie, Ahmed Maher.
Au terme de cet entretien, il avait affirmé sa volonté d’aider les Palestiniens à créer leur Etat et évoqué la stratégie américaine. Il s’agit de « relancer un processus politique pour parvenir à une solution basée sur deux Etats » palestinien et israélien. Il a souligné aussi la complémentarité entre sa tournée et la mission du patron de la CIA, George Tenet, qui, selon des responsables américains, était attendu vendredi dans la région. William Burns doit se rendre également dans les territoires palestiniens, en Jordanie, en Arabie saoudite, en Syrie et au Liban. Pour sa part, Javier Solana, le haut représentant de l’Union européenne pour la politique extérieure, s’est également entretenu avec M. Moubarak, dans la cadre d’une tournée dans la région pour appuyer la stratégie américaine. « Nous allons discuter avec le président Arafat des moyens d’aider les palestiniens à réorganiser leur système fiscal et également leur structure politique », a déclaré M. Solana à la presse.
Par ailleurs, le président Yasser Arafat, qui devait s’est entretenu jeudi avec Joschka Fischer, le ministre allemand des Affaires étrangères, a signé une loi devant servir de fondement à une Constitution palestinienne. Cette « loi de base » avait été adoptée en 1997 par le Conseil législatif palestinien. Nabil Abou Roudeinah, le porte-parole du dirigeant palestinien a précisé que la signature de la loi faisait partie des réformes promises par Arafat il y a deux semaines dans un discours devant les parlementaires palestiniens.
La loi garantit les droits essentiels des citoyens palestiniens, notamment les droits politiques et individuels. Elle précise que le président de l’Autorité palestinienne sera élu directement par le peuple et prévoit une séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

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