Les USA et l’Europe poussent l’Iran au Conseil de Sécurité

L’Iran a vivement réagi en affirmant qu’il avait les moyens de répondre aux menaces américaines et qu’il poursuivrait ses activités de recherche en matière d’enrichissement dans tous les cas.

Le conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) devait achever mercredi après-midi l’examen du rapport du directeur général Mohamed ElBaradei sur le dossier nucléaire iranien, rapport qui sera ensuite transmis automatiquement au Conseil de sécurité.

"Le temps est venu pour le Conseil de sécurité de l’Onu d’agir", a déclaré l’ambassadeur américain à Vienne Gregory Schulte, en affirmant que l’Iran avait théoriquement assez de gaz d’uranium pour fabriquer à terme après enrichissement dix bombes nucléaires.

"Dans un premier temps nous envisageons un appel lancé à l’Iran pour qu’il coopère avec l’Agence", a-t-il dit aux 35 pays du Conseil des gouverneurs.

Des sanctions ne viendraient que plus tard, car "nous croyons que la démarche du Conseil de sécurité doit être progressive et menée en pleine consultation et coordination de tous ses membres".

L’Union européenne, a également demandé à l’Iran de cesser toutes ses activités d’enrichissement d’uranium et coopérer pleinement avec les inspections, comme l’exige l’AIEA".

"Si l’Iran continue d’ignorer les demandes répétées faites dans plusieurs résolutions du conseil des gouverneurs, le Conseil de sécurité devra alors mettre tout son poids derrière les demandes du conseil des gouverneurs et les efforts de l’AIEA pour résoudre les questions en suspens", a déclaré le représentant autrichien Thomas Seltzer.

Intervenant au nom des trois pays européens impliqués dans la crise (Allemagne, France, Grande-Bretagne), le représentant britannique a demandé à l’Iran d’accepter une offre russe de compromis, en estimant également qu’il était "temps pour le Conseil de sécurité de l’Onu de renforcer l’autorité de l’AIEA".

Pour sa part, le représentant russe a "regretté la façon dont l’Iran a réagi à la résolution" de l’AIEA début février, ajoutant que "l’offre russe est toujours sur la table".

Le plan russe prévoit la suspension de toutes les activités d’enrichissement par l’Iran, la signature du protocole additionnel permettant des inspections poussées et le transfert de l’enrichissement industriel en Russie.

La réaction iranienne n’a pas tardé.

"Les Etats-Unis ont les moyens de causer du mal et des souffrances (à l’Iran) mais ils sont aussi susceptibles d’éprouver la douleur et le mal. S’ils (les Américains) choisissent cette voie, et bien allons-y!", a déclaré à l’AFP Javad Vaëdi, numéro deux du Conseil suprême de la sécurité nationale.

Interrogé sur l’utilisation de l’arme du pétrole, il a affirmé que l’Iran "n’utilisera pas l’arme du pétrole pour l’instant car nous ne voulons pas la confrontation avec les autres pays. Mais si la situation change, nous serons obligés de changer notre attitude et notre politique".

"Nous avons deux options. Celle du compromis et de la coopération et celle de la confrontation. Nous espérons que la première l’emportera. Mais dans tous les cas, nous continuerons nos activités de recherche" en matière d’enrichissement, a encore dit M. Vaëdi.

Il répondait aux menaces des dirigeants américains qui ont mis en garde contre les conséquences "douloureuses" de l’attitude de l’Iran s’il continuait à défier la communauté internationale.

Le vice-président américain Dick Cheney a averti mardi que l’Iran s’exposait à des "conséquences sérieuses" s’il refusait de se conformer aux exigences internationales.

Soufflant le chaud et le froid, l’Iran a également affirmé qu’il gardait "ouverte la porte des négociations".

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