Les vidéos du tsunami, grand succès en Asie

« Il y a une demande très forte », explique Mukesh Vyas, qui vend des CD à Port Blair, la capitale de l’archipel d’Andaman et Nicobar, particulièrement touché par le tsunami. « C’est difficile de se les procurer, nous n’avons pas de stock. » Parfois, ces disques sont de simples enregistrements d’émissions de télévision.
Mais le plus souvent, ils regroupent des films tournés par des amateurs, parfois tellement crus qu’ils n’ont jamais été diffusés par les télévisions. Le commerce de ces images scandalise les survivants, comme Mildred Kujur, qui se trouvait dans le Sud de l’archipel lors du passage du raz de marée. « Ils se remplissent les poches sur notre dos. Une telle insensibilité nous blesse », confie-t-elle.
Sur l’île de Phuket, en Thaïlande, les vendeurs installés sur le trottoir proposent des CD pour 100 bahts (moins de deux euros). L’un d’eux, récemment arrêté par la police, a expliqué que ces vidéos répondaient simplement à la demande du public, atteint d’une sorte de voyeurisme high-tech provoqué par cette catastrophe meurtrière. Dans une rue de Port Blair, Palaniappan, un jeune vendeur à la sauvette de 14 ans, affirme haut et fort que le disque qu’il vend « montre tout: la façon dont les gens sont morts, comment ils ont été enterrés, ceux qui ont survécu et les dégâts ». « C’est de la bonne qualité, avec un bon son », assure-t-il pour intéresser les passants. Alors que les copies pirates des derniers grands films indiens de Bollywood se vendent environ 20 roupies (0,35 euro), la compilation artisanale de 80 minutes intitulée « Tsunami, la région dévastée » vaut presque trois fois plus. « C’est 70 roupies », lance le vendeur. « Parce que c’est sur le tsunami. »

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