L’ETA frappée à la tête avec l’arrestation de son dirigeant

L’ETA a été frappée à la tête avec l’arrestation mardi soir à Bordeaux (sud-ouest de la France) de son numéro un présumé, Javier Lopez Peña, dit «Thierry», l’homme «qui a le plus de poids» au sein de l’organisation indépendantiste basque, selon Madrid. Ce vétéran de l’ETA, âgé de 49 ans, «serait en ce moment, selon toute probabilité, la personne qui a le plus de poids politique et militaire dans la bande terroriste ETA», a souligné depuis Dakar le ministre espagnol de l’Intérieur Alfredo Perez Rubalcaba. Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a quant à lui salué «le coup très dur porté à la direction de l’ETA».
Il a adressé ses félicitations aux forces de police et des remerciements appuyés au gouvernement français et au président Nicolas Sarkozy, «qui a un intérêt spécial et un suivi très direct dans le soutien à l’Espagne contre l’ETA». «Thierry» a été interpellé mardi soir en douceur par des policiers français et espagnols dans un appartement d’un quartier populaire du centre de Bordeaux, avec trois membres de l’appareil politique de l’ETA: Ainhoa Ozaeta, Igor Suberbiola et Jon Salaberria. M. Rubalcaba a précisé qu’un «important matériel informatique» avait été saisi dans le petit appartement. Les policiers y ont également découvert quatre armes de poing et, à proximité, deux véhicules volés portant de fausses plaques d’immatriculation, selon une source proche de l’enquête à Paris. Deux autres personnes ont été interpellées mercredi à la suite de ce coup de filet, un Espagnol et un Français, a confirmé le ministre espagnol. José Antonio Barandiaran a été arrêté au Pays Basque espagnol, à Andoain dont il a été maire sous l’étiquette d’un parti indépendantiste prédécesseur de Batasuna, le bras politique interdit de l’ETA. Le Français, âgé de 75 ans, a été interpellé dans la région de Bayonne. Les interpellations à Bordeaux, ont été réalisées dans le cadre d’une enquête antiterroriste ouverte mardi à Paris pour «association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme, usage de fausses plaques d’immatriculation en relation avec une entreprise terroriste, recel de vol en bande organisée», a indiqué le parquet de Paris. L’enquête a été ouverte à la suite de «renseignements portés à la connaissance du parquet de Paris le 20 mai 2008». La police française menait mercredi une perquisition, en présence des quatre activistes, dans l’appartement de Bordeaux. L’arrestation de «Thierry» est présentée par les experts et médias espagnols comme le coup le plus dur porté à l’ETA depuis l’arrestation, en octobre 2004 dans le sud-ouest de la France, de son ex-numéro un, Mikel Albizu, alias «Antza».
«Thierry» aurait pris la direction de l’organisation en 2006, pendant les négociations manquées de l’ETA avec le gouvernement socialiste espagnol de José Luis Rodriguez Zapatero, auxquelles il aurait personnellement participé, selon des sources antiterroristes espagnoles citées par les médias.

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