L’Europe au chevet de l’Afrique

La visite officielle de Tony Blair sur le continent africain est avant tout axée sur les questions de dette, d’échanges commerciaux et d’aide. Elle le conduit depuis mercredi – et pendant quatre jours – au Nigeria (où il s’est entretenu jeudi matin avec le Président Obasanjo), au Ghana, en Sierra Leone et au Sénégal, en compagnie de Claire Short et la baronne Valerie Amos, respectivement ministre du développement international et secrétaire d’Etat à l’Afrique. Tony Blair avait lancé l’idée d’un plan Marshall pour l’Afrique lors du dernier sommet du G8, en juillet 2001 à Gènes (Italie), avant de qualifier la situation de ce continent de «plaie sur la conscience du monde civilisé » lors du congrès annuel du parti travailliste, en octobre dernier. Décidé à « agir » en faveur de l’Afrique, Blair effectue par ailleurs sa tournée au moment de la tenue d’une réunion vendredi et samedi à Paris, sur le Nouveau Partenariat pour le Développement en Afrique (NEPAD/NPDA), soutenu par la France et la Grande-Bretagne.
Treize chefs d’Etat africains, dont le président nigérian Olusegun Obasanjo, le président burkinabè Blaise Compaoré, et le Chef d’Etat algérien Abdelaziz Bouteflika, ont été conviés par Jacques Chirac à cette réunion organisée à l’Elysée (le grand absent étant le président malien Alpha Oumar Konaré). Cette rencontre s’inscrit dans le suivi du processus du NEPAD, cette stratégie panafricaine de développement née en octobre 2001 du désir de plusieurs Etats africains de relancer une coopération économique bénéfique avec l’Occident. Elle constitue aussi l’une des étapes intermédiaires avant le Sommet du G8 prévu à Kananaskis (Canada) en juin 2002, les plus riches de la planète s’étant engagés, à Gênes (Italie) en 2001, à soutenir l’initiative des plus pauvres. En échange d’un « accord » qui entend régir les échanges Nord-Sud, cette aide est conditionnée par la « bonne gouvernance et la lutte contre la corruption », les nouvelles bases de cette coopération.
Discuté pendant deux jours à Paris, le NEPAD est décliné sur les thèmes de « paix et sécurité », « de développement humain » et de « croissance », dans une optique « d’intégration régionale » et de « développement des infrastructures ». Si le projet n’est encore qu’à l’état embryonnaire, sa nouveauté réside dans le fait que ce sont les anciens pays colonisés qui désignent désormais leurs priorités de développement, et non plus les anciennes puissances coloniales – telles la France et la Grande-Bretagne.
Reste que pour enfin sortir le continent africain de la misère, les moyens financiers doivent être là, ce qui implique un relèvement de l’Aide Publique au Développement (APD). Après l’avoir réduite ces dernières années, la France tarde à la relever tandis que la Grande-Bretagne a décidé de l’augmenter. Selon le ministère du développement international, quelque 776 millions d’euros ont été consacrés par Londres à l’Afrique sub-saharienne en 1999-2000, contre 693 millions l’année précédente.

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