L’Europe ne peut se permettre un échec contre les talibans

Un échec en Afghanistan contre les talibans ferait peser une menace directe sur la sécurité des Européens, a martelé dimanche le secrétaire américain à la Défense Robert Gates qui tente de galvaniser l’opinion publique du vieux continent.
«Je suis inquiet que nombre de personnes sur ce continent ne comprennent pas forcément l’ampleur de la menace directe (de la situation en Afghanistan) sur la sécurité de l’Europe», a-t-il déclaré dans un discours devant la 44e conférence sur la sécurité de Munich. «Les Etats-Unis ont été galvanisés par le 11-Septembre, un événement qui a ouvert les yeux du public américain sur les dangers provenant de contrées lointaines», a expliqué le responsable américain. Or, «si presque tous les gouvernements comprennent l’importance de la mission en Afghanistan, le soutien de l’opinion publique européenne est faible», a-t-il déploré, alors que Washington tente depuis des mois de convaincre ses alliés de l’Otan d’envoyer plus de troupes en Afghanistan. Après avoir de nouveau réclamé des renforts lors d’une réunion informelle de l’Otan à Vilnius jeudi et vendredi, Gates a dit vouloir «s’adresser directement aux peuples européens: la menace de l’extrémisme islamique violent est réelle, et elle ne va pas disparaître». Il a rappelé les attentats dans des gares de Madrid qui avaient fait 191 morts en mars 2004, et dans les transports publics de Londres en juillet 2005, qui avaient fait 56 morts et plus de 700 blessés, ainsi que «la multitude d’attentats plus petits à Istanbul, Amsterdam, Paris et Glasgow, parmi d’autres». «Beaucoup d’Européens mettent en doute la pertinence de notre action et se demandent si cette mission vaut la vie de leurs enfants. En conséquence, nombre d’entre eux veulent retirer leurs troupes d’Afghanistan, et  l’existence de gouvernements de coalition fragiles rend difficile la prise de risque», a souligné Gates à Munich.
Les Etats-Unis, dont 160.000 soldats sont mobilisés en Irak contre 28.000 en Afghanistan, tentent depuis des mois de persuader les Etats européens membres de l’Otan de "partager le fardeau" de la guerre en Afghanistan en envoyant des renforts dans le sud du pays, où se déroulent les combats les plus durs contre les talibans, chassés du pouvoir en 2001.
La plupart des opinions publiques européennes ne sont pas favorables à cette intervention, commencée comme une opération de maintien de la paix et qui évolue vers une guerre meurtrière contre les talibans.

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