L’Europe vire à droite

L’Europe vire à droite

Adieu l’Europe socialiste des roses et des rouges. Le pragmatisme et le libéralisme de la droite séduisent de plus en plus d’électeurs européens. La Grèce rejoint des pays comme le Danemark, l’Espagne, la France ou l’Italie déjà gouvernés par des conservateurs. Sans parler de l’Autriche encore dirigée par une coalition entre les conservateurs et une extrême droite en pleine forme si l’on considère la réélection, dimanche, de son chef historique, Joerg Haider, en Carinthie. Après la victoire, dimanche 7 mars des conservateurs grecs de la “Nouvelle Démocratie“ aux élections législatives, restent seuls à gauche, l’Allemagne de Gerhard Schroeder et la Suède de Goeran Persson. Le cas de l’Angleterre dirigée par Tony Blair ne convainc pas les sociaux-démocrates. Tony Blair tient un discours de gauche, mais agit comme un faucon de droite.
A cinq mois des Jeux olympiques d’Athènes, les conservateurs grecs arborent la plus attendue des victoires. Après onze ans passés dans l’opposition, les candidats de Nouvelle Démocratie vont goûter de nouveau au pouvoir. Selon des résultats basés sur le dépouillement de plus de 98,6% des bulletins de vote, les conservateurs emmenés par Costas Caramanlis ont battu les socialistes par 45,4% contre 40,58%. C’est le signe d’un profond changement de l’ordre politique.
“Nouvelle Démocratie a remporté les élections“, a rapidement admis le dirigeant du PASOK (parti socialiste) Georges Papandréou. “Nous contribuerons aux efforts pour les Jeux olympiques…Un très grand moment pour notre pays” a-t-il ajouté. L’une des raisons qui ont conduit les électeurs grecs à voter à droite aurait justement trait aux retards accumulés par les Socialistes dans la préparation des JO. A ce sujet, ils attendent beaucoup du nouveau Premier ministre.
A47 ans, Costas Caramanlis devient le plus jeune Premier ministre jamais élu en Grèce. Sa victoire doit, selon la presse française de gauche, moins à son aura personnelle qu’à l’usure des socialistes du Pasok, restés dix-neuf ans au pouvoir sur les vingt-deux dernières années. Pour ses détracteurs, Caramanlis recueille simplement les fruits d’un vote de sanction, de même que sa carrière politique doit tout à son nom de famille. Costakis, «le petit Costas», est le neveu du grand homme d’Etat Constantin Caramanlis, ex-président de la République et fondateur de la Nouvelle Démocratie (ND).
Certains n’hésitent pas à employer le terme “dilettante” pour qualifier le Premier ministre nouvellement porté au pouvoir. Jovial, bedonnant, fan de football, mari d’une très belle blonde surnommée «Lady Di» et heureux père de jumeaux, «Caramanlis Junior» est l’archétype du Grec bon vivant, proche des gens. Son succès a rendu les conservateurs fous de joie : bouteilles de champagne et concerts l’ont célébré.
“Nous arrivons!“, lançaient des partisans de Nouvelle Démocratie dans des massages envoyés à l’aide de téléphones portables. Leur arrivée souligne sans doute du basculement de l’Europe vers la droite. A moins que ce ne soit un irrépressible besoin d’alternance, ressentis par les électeurs grecs, après les longues années des socialistes au pouvoir.

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