Levée partielle du siège de Yasser Arafat

Le gouvernement israélien a annoncé hier la sortie des militaires présents à l’intérieur de la présidence palestinienne à Ramallah, la Mouqataâ, mais le siège du bâtiment va se poursuivre, selon la radio publique israélienne.
Environ 200 militants palestiniens se trouvent à l’intérieur des bureaux de la présidence avec Yasser Arafat. Israël entend en arrêter certains.
La décision de retrait très partiel a été prise après que les Etats-Unis s’étaient plaints du fait que la politique israélienne envers le peuple palestinien ne leur facilitait pas la tâche pour réunir une coalition contre l’Irak. Elle va dans ces conditions augurer une levée du siège de la Mouqataa, en raison du mécontentement de Washington.
La conseillère à la sécurité nationale de George Bush, Condoleezza Rice, a déclaré que le siège de Yasser Arafat ne pouvait plus durer.
Assiégé depuis une dizaine de jours, le président Yasser Arafat est au meilleur de sa forme. Il dort par terre et remonte le moral aux personnes assiégées avec lui. C’est lui qui a ordonné au ministre palestinien Saéb Erakat d’annuler les pourparlers prévus avec Israël à propos du siège, parce que le gouvernement israélien interdisait tout contact entre les diplomates occidentaux et Yasser Arafat.
Des manifestations de soutien au président Arafat ont eu lieu dans différentes villes palestiniennes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Défiant le couvre-feu, des milliers de personnes défilent tous les jours dans les rues de Ramallah et de Bireh, en Cisjordanie. De même, des rassemblements sont organisés à Khan Younès (dans la bande de Gaza) malgré les incursions meurtrières menées par l’armée israélienne. La destruction de centaines de maisons et d’institutions, l’arrestation de plusieurs milliers de personnes, le meurtre de centaines de responsables, la guerre médiatique et psychologique n’ont pas eu raison de la volonté du peuple palestinien et sa détermination à lutter contre l’occupant.
Deux ans après le déclenchement de la deuxième Intifada, la situation reflète l’impasse politique dans laquelle se trouve le Proche-Orient. À y regarder de près, Ariel Sharon n’est pas sorti vainqueur du siège de la Mouqataâ, qui lui a valu des très vives critiques de la communauté internationale souvent indulgente. À l’actif de l’Intifada, il faut rappeler la hantise des attentats-suicides que vivent les Israéliens. Leur économie, autrefois florissante, est en passe de s’effondrer et leurs projets d’avenir sont limités à une confrontation militaire dont certains, de plus en plus nombreux, commencent à réaliser qu’elle ne mène nulle part.
Après deux ans de violences qui ont coûté la vie à 600 Israéliens et blessé des milliers d’autres, on commence à douter à Tel-Aviv du réel désir de paix de Sharon. Le nombre de soldats israéliens refusant de servir dans les territoires palestiniens est en hausse, dans une société pourtant de plus en plus militarisée. Après la signature par des réservistes d’une pétition dénonçant l’occupation immorale des territoires palestiniens, le nombre de ceux qui refusent d’effectuer leur service militaire dans ces territoires a atteint 500 personnes, certains de ces jeunes se sont tournés vers la Cour suprême pour questionner de la légalité de l’occupation, tandis qu nouveau groupe de 200 lycéens qui doivent faire leur service militaire ont annoncé qu’ils refusaient de servir dans les territoires palestiniens. Plusieurs officiers de haut rang ont déclaré qu’ils ne contribueront pas à l’oppression et à l’occupation du peuple palestinien.
Plus de 1.000 personnes au total ont refusé de servir dans les territoires occupés, ce qui a choqué la société israélienne, où le rôle de l’armée a longtemps été considéré comme intouchable. Ce mouvement du refus a beaucoup d’impact et pourrait donner un coup de fouet au mouvement pour la paix. Il y a quelques semaines, 60.000 personnes ont manifesté pour la paix et la fin de l’occupation à Tel-Aviv.

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